Crash de l' Airbus A320 de Germanwings : Seyne-les-Alpes, un village face au drame

Des journalistes du monde entier sont arrivés à Seyne-les-Alpes

"Je coupais du bois quand j'ai entendu un avion passer très bas, explique Emile Gall, retraité de l'aéronautique. Je me suis dit que ça devait être un exercice militaire. Quelques minutes après, il y a eu cette énorme explosion." L'avion de la Germanwings vient de s'écraser près de Seyne-les-Alpes, petit village de 1500 habitants dans la région de France à la plus faible densité de population. Nous sommes mardi, en fin de matinée. 

Crash de l'A320: Seyne-les-Alpes, un village face au drame

Dès le début de l'après-midi, le terrain qui sert normalement l'été au décollage des planeurs est réquisitionné pour installer et coordonner quelque 380 pompiers, autant de gendarmes, 15 hélicoptères et deux avions. Un périmètre est quadrillé en urgence, la police scientifique arrive, et les équipes attendent que le brouillard se dissipe pour se faire hélitreuiller dans une zone particulièrement escarpée du Massif des Trois-Evêchés. Le ballet des hélices peut commencer.  

Un paysage encaissé et partiellement enneigé

Ceux qui parviennent sur le lieu du crash décrivent une "carcasse éparpillée, complètement réduite en miettes" dont aucun des morceaux restants n'est "plus grand qu'une portière de voiture". Les personnalités politiques qui, en se rendant au plus vite sur le site, survolent la zone, témoignent aussi. Arrivé à 15h30 en même temps que le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve, le député Christophe Castaner parle d'un "avion totalement explosé", et d'un "spectacle épouvantable". Ségolène Royal évoquera deux heures plus tard des "images d'horreur". 
Ségolène Royal a parlé d'images d'horreur.

Ségolène Royal a parlé d'images d'horreur

En passant au-dessus du lieu du crash, dans ce paysage encaissé, rocailleux et partiellement enneigé, on devine les corps, qui gisent sur deux hectares dans la vallée. 

A Seyne, on continue d'improviser au mieux. Il faut recevoir les deux ministres d'Etat mais aussi les ministres espagnols et allemands, les représentants catalan, les dirigeants d'Airbus... Et il faut prévoir l'arrivée, le lendemain, de François Hollande, Angela Merkel et Mariano Rajoy. La salle des fêtes du petit village, improvisée en salle de presse au rez-de-chausse, devient soudain une "chapelle ardente" au premier étage, prête à recevoir les familles des victimes. On y installe des "cellules psychologiques", on fait venir des infirmières. 

Hôteliers débordés, boulangeries réquisitionnées

Les journalistes arrivent du monde entier, on croise des confrères de Chine, de Suède ou d'Italie. NBC News gare son camion sur la place du village, sous l'oeil rigolard de quatre jeunes du coin, qui viennent là tous les soirs oublier leur chômage en buvant des bières. "D'habitude, ici, y a rien. Il n'y a pas de travail et il ne se passe rien", hallucine Adrien. Les trois restaurants sont obligés de refuser du monde, mais restent ouverts. Certains commerçants dépannent des journalistes en panne de chargeur, renseignent, aident ou se hâtent de nourrir une dizaine de gendarmes pressés tandis que d'autres sont accusés d'avoir un peu revu leurs prix. 

Le maire a appelé tous les hôteliers de la région pour réserver des lits pour les proches des victimes qui sont en route depuis Barcelone ou Dusseldorf et arriveront le lendemain matin. Même les boulangeries sont réquisitionnées pour assurer le ravitaillement des familles. Au coeur de la nuit, il reste encore une petite foule dans les rues de Seyne-lès-Alpes, et la brise froide charrie encore chaque heure de nouveaux arrivants. "Rien qu'aujourd'hui, la population de la ville a déjà doublé, observe un commerçant. Demain, j'ose pas imaginer. Ce qui est terrible, c'est de penser à tout ce sang là-haut qui en est la cause."

Source : lexpress.fr

Ndlr : Au lendemain du crash de l’Airbus A320 de Germanwings qui a fait 150 victimes, les recherches ont repris. Retrouvée endommagée, la boîte noire enregistrant les conversations est envoyée ce matin à Paris pour analyse. L’autre enregistreur est toujours recherché.


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