L'armée française a commandé trois satellites d'écoute électromagnétique à Airbus DS pour 450 millions d'euros. Ils renforcent la capacité de renseignement des armées depuis l'espace.

Le renseignement - l'espionnage - est au cœur des préoccupations des armées. Un effort pour renforcer les capacités de renseignement techniques et humains est d'ailleurs prévu dans le cadre de la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019. Jean-Yves Le Drian l'a dit avec force, mercredi 11 mars, en présentant les priorités du ministère de la Défense, pour 2015. Dans la foulée, la Direction générale de l'armement (DGA) a lancé le programme Ceres, ce jeudi 12 mars qui va permettre de renforcer les capacités de renseignement spatial des armées.

Un contrat de 450 millions d'euros a été notifié par la DGA à Airbus DS, maître d'œuvre des trois satellites d'écoute électromagnétique constituant la future constellation Ceres. Thales Systèmes aéroportés a, de son côté, la maîtrise d'œuvre des stations au sol. Et sa filialeThales Alenia Space(-TAS) fournira la charge utile des satellites. Ils seront intégrés à Toulouse chez Airbus Group. Il faudra environ quatre ans pour les construire. L'entrée en service, en orbite basse (entre 400 et 1000 km de la Terre), est prévue à l'horizon 2020. Ils permettront à la France «de collecter, sans contrainte juridique de survol et en tout temps, du renseignement d'origine électromagnétique sur des zones inaccessibles par les capteurs de surface», explique la DGA.

Observer en toute discrétion

Un satellite n'est en effet pas cantonné aux eaux territoriales ou aux frontières terrestres. Il peut se positionner au-dessus d'un pays ennemi et travailler en toute discrétion. En interceptant les signaux radio et radar, les satellites Ceres pourront voir où se situent les systèmes anti-aériens, repérer les activités radios d'armées adverses, localiser les centres de commandement, évaluer «le volume» d'un corps d'armée et transmettre de précieux renseignements aux troupes sur les théâtres d'opération.

Ceres interviendra en complément de la palette actuelle de satellites d'observation (Hélios et Pléiades) et de radio-télécommunications (Syracuse) français, ainsi que des capacités alliées de l'Allemagne (SarLupe) et l'Italie (CosmoSkymed) avec lesquelles nos armées échangent des informations.

Airbus DS leader mondial des satellites d'observation

Ceres constitue une première en Europe. La France est en effet le premier pays européen à se doter de cette nouvelle capacité d'espionnage high-tech. Elle entre dans le club très fermé des nations disposant d'une capacité de renseignement d'origine électromagnétique, appelé RoEM par les militaires.

Pour Airbus DS, il s'agit d'un contrat qui fait référence puisqu'il permet au constructeur de consolider sa position de «partenaire privilégié de la défense française», souligne un porte-parole en rappelant que le groupe européen est «le fabricant de tous les satellites de renseignements français» (Helios, Pléiades ainsi que Syracuse en coopération avec TAS). Airbus DS consolide également son rang de leader mondial des satellites d'observation.

Source : LeFigaqro.fr


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