Le jeune Malien de 24 ans, Lassana Bathily, qui, le 9 janvier, a caché des otages d'Amedy Coulibaly dans une chambre froide du magasin va recevoir un passeport français.

« Je n’ai pas caché des juifs, j’ai caché des êtres humains »

Lors de la prise d’otages d’Amédy Coulibaly, le 9 janvier, Lassana Bathily, employé du supermarché Hyper Cacher de la porte de Vincennes, a aidé des clients à se cacher dans la chambre froide du magasin.

Il deviendra officiellement français ce mardi 20 janvier, à l’issue d’une cérémonie de naturalisation.

Sur Internet, une pétition signée par plus de 350 000 personnes demandait à l’État de procéder sans plus attendre à la naturalisation de Lassana Bathily. Ce sera chose faite mardi 20 janvier au terme d’une « cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française ».

Ce rite de passage républicain, qui se déroule traditionnellement en préfecture, aura lieu au ministère de l’intérieur, une façon de marquer la reconnaissance de la France envers ce jeune Malien de 24 ans.

Le courage et le sang-froid de ce dernier ont sans doute permis de sauver des vies, le 9 janvier, au moment où le terroriste Amédy Coulibaly décidait de se retrancher dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

« Je n’ai pas caché des juifs, j’ai caché des êtres humains »

Alors que le terroriste ouvre le feu à la kalachnikov et tue quatre personnes dans le magasin, un groupe de clients se réfugie au fond du commerce et emprunte l’escalier menant au sous-sol, où se trouve la chambre froide. C’est là que Lassana Bathily leur ouvre la porte et leur propose de se cacher, en prenant soin de couper le système de congélation.

Le jeune homme leur suggère même d’emprunter le monte-charge pour s’enfuir, mais ils refusent, de peur de se faire repérer. Au final, le jeune employé sortira seul du magasin.

Il donnera ensuite des informations essentielles aux policiers qui se préparent à l’assaut. « Je n’ai pas caché des juifs, j’ai caché des êtres humains », rappellera à plusieurs reprises ce musulman pratiquant.

Arrivé du Mali, sans-papiers en 2006

Au lendemain de cet « acte de bravoure », le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a demandé « l’instruction en urgence de la demande de naturalisation qu’il avait déposée le 7 juillet 2014 ».

La fin d’une longue attente pour Lassana Bathily, qui a toujours émis le souhait de devenir français. Originaire de la province de Kayes, dans le sud-ouest malien, il a rejoint son père en France en 2006, où il a découvert la condition de sans-papiers.

Scolarisé de 2007 à 2009 dans un lycée professionnel du 19e arrondissement de Paris, il a décroché un CAP de carreleur mosaïste.

Régularisé en 2011

En 2009, il échappe de peu à l’expulsion avant d’être finalement régularisé en 2011. « La France est un beau pays où tu peux vite t’intégrer, où on te soigne, même si tu n’as rien », dit-il aujourd’hui.

Jamais le jeune homme n’aurait imaginé un tel destin. À ce jour, son comportement lui a valu les félicitations de François Hollande, l’hommage du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et la franche accolade du secrétaire d’État américain John Kerry.

Et ce n’est peut-être qu’un début : la pétition qui circule toujours en ligne réclame d’ajouter la Légion d’Honneur à tous ces remerciements...

Source : JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS / LaCroix.fr

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