Alors que la traque, par le RAID et le GIGN, des 2 suspectS de l'attentat contre Charlie Hebdo se poursuit dans la zone artisanale de Dammartin-en-Goële (à 40 km de Paris), où sont retranchés les deux frères Kouachi dans l'entreprise CTD ; le tueur de Montrouge aurait été identifié...

 Policière tuée à Montrouge : le suspect identifié tremperait « dans les milieux islamos»

Au lendemain de la fusillade qui a tué une policière à Montrouge, le suspect a été identifié et deux interpellations ont eu lieu. Aucun lien n'est pour l'heure établi avec l'attentat contre «Charlie Hebdo».

Vingt-quatre heures après la fusillade à Montrouge (Hauts-de Seine) qui a coûté la vie à une policière municipale de 26 ans, le suspect a été identifié et il y a eu deux interpellations dans son entourage ce vendredi matin dans l'Essonne. Ce drame a aussi blessé un agent de la voirie.
Où en est l'enquête ?

Selon nos informations, l'auteur présumé de l'assassinat de la policière municipale à Montrouge a été identifié. Une source proche de l'enquête nous confie : «En affinant son profil, on s'aperçoit qu'il trempe dans les milieux islamos.» Deux de ses proches ont également été interpellés à Grigny dans l'Essonne. «Il n’y a aucun lien entre les deux affaires à ce stade de l’enquête», expliquait hier le parquet de Paris. L’homme, dont la police ne donne aucun descriptif portait un gilet pare-balles, «a priori une cagoule» et détenait une arme de poing. Il avait un ou deux pistolets automatiques dans sa voiture.

L’enquête «avance», a assuré un peu plus tôt le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, sans donner plus de précisions. Deux hommes sont également toujours en garde à vue depuis ce jeudi dans les locaux de la police judiciaire des Hauts-de-Seine. «Il s’agit de deux hommes âgés de 46 et 38 ans» selon le parquet de Paris.

Que s’est-il passé ce jeudi ?

En pleine traque pour retrouver les auteurs de l’attentat commis mercredi contre Charlie Hebdo, une fusillade a éclaté ce jeudi matin à Montrouge (Hauts-de Seine). Le scénario du drame est encore très flou. Une policière municipale a été tuée par balles peu après 8 heures, avenue Pierre-Brossolette à Montrouge, alors qu’elle intervenait sur un banal accrochage entre deux voitures. Deux versions sont retenues par la police : dans la première, le tireur pourrait être l’un des deux conducteurs impliqués dans l’accident. Dans la deuxième, il aurait fait irruption à bord d’un troisième véhicule, une Clio, en tirant de l’intérieur avec une arme automatique. Une dernière version est, elle, rapportée par un agent municipal présent au moment de la fusillade. Ce dernier affirme avoir vu le tireur, «habillé tout en noir», arriver et repartir à pied.

Ce qui est certain c’est qu’au moins trois coups de feu ont été tirés. La policière municipale a été touchée par deux balles, dont l’une dans la gorge selon une source policière. Elle a succombé à ses blessures quelques minutes plus tard. Un agent de la voirie, aussi touché par une balle, est désormais hors de danger. Le tireur a aussitôt repris la fuite. «J’ai entendu les coups de feu. Je suis descendu et j’ai vu la policière à terre se faire réanimer par des personnes autour. J’ai appelé les pompiers, qui sont arrivés très vite sur place», raconte Chérif, encore tremblant. Zara, qui habite depuis trente-huit ans dans le quartier est encore sous le choc : «J’ai entendu des boums, j’ai cru que c’était des travaux puis j’ai entendu des sirènes. J’ai emmené ma fille à l’école. Les enfants n’avaient pas le droit de passer par la cour par précaution, ils étaient apeurés.»

La policière était-elle armée ?

Non. Elle portait un gilet pare-balles mais n’avait pas d’arme sur elle, ce qui provoque la colère de ses collègues. «Nous ne sommes pas protégés, dénonce Patrick Carré, président national CFTC police municipal, les maires mettent encore aujourd’hui des policiers municipaux non armés pour surveiller les lieux sensibles, avec ce qui se passe ce n’est pas normal.» Le syndicat appelle les policiers municipaux à exercer leur droit de retrait. Le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) doit être reçu au ministère de l’Intérieur ce vendredi.

L’agent, Clarissa Jean-Philippe, avait 26 ans. Célibataire et sans enfant, elle était officiellement titulaire depuis quinze jours. Le Premier ministre Manuel Valls lui a rendu hommage sur son compte Twitter :

  • La policière municipale tombée ce matin fait l’honneur de la Nation. Gratitude à toutes les forces de l’ordre qui protègent notre liberté.MV
    Twitt de Manuel Valls (@manuelvalls) 8 Janvier 2015


«On vient de vivre deux journées d’horreur coup sur coup, explique Fabien Golfier, chargé de la police municipale à la Fédération autonome de la fonction publique territoriale, l’année 2015 sera durablement marquée. Nous ne sommes pas en mesure de riposter face à des rafales de tirs d’armes de guerre.»

L’enquête pour assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste a été confiée à la section antiterroriste du parquet de Paris.

Source : Libération.fr

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