Les violences subies par la ville de Maaloula début septembre 2014 n’ont guère ému nos grands médias. Elles préfigurent pourtant le sort réservé aux minorités par les rebelles islamistes.

Le drame de Maaloula, petite ville chrétienne attaquée, début septembre 2014, par des rebelles islamistes, préfigure l’avenir des minorités syriennes en cas de victoire de la rébellion. « Nous menons la guerre sainte contre les croisés », disaient les massacreurs de Maaloula, où une vingtaine d’habitants ont été tués (souvent mutilés et décapités) et autant ont disparu, notamment des femmes enlevées par les rebelles.

À des degrés divers, tous les mouvements islamistes ont la même ambition : faire de la Syrie un califat musulman régi par la seule loi islamique (la charia), ce qui ferait des chrétiens des dhimmis (des citoyens de seconde zone) ou des exilés, à l’image de la communauté chrétienne d’Irak.

À Maaloula (55 kilomètres au nord de Damas), les témoins racontent les mêmes scènes d’horreur, dans cette bourgade jusque-là paisible, même pas réputée proche du régime. Arrivés le 4 septembre, les rebelles armés détruisent aussitôt des maisons, incendient des monastères (Mar Sarkis, Mar Bakhos, Saint-Serge et Bacchus) et pillent des objets sacrés.

Les assassinats de trois gréco-catholiques de Maaloula, Michael Taalab, son cousin Antoun et son neveu Sarkis el-Zakhm, illustrent clairement le climat de haine religieuse. Sommés de se convertir à l’islam, les trois parents refusèrent. Réponse du courageux Sarkis, avant d’être assassiné de sang-froid : « Si vous voulez me tuer parce que je suis chrétien, faites-le. » À Damas, sœur Carmel a raconté cette horreur à l’agence Fides : « La mort de Sarkis constitue un véritable martyr, une mort in odium fidei. »

L’archevêque arménien catholique d’Alep, Mgr Boutros Marayati, ne cache pas son inquiétude : « Aucun des nombreux groupes qui composent les milices rebelles, ni ceux des fondamentalistes islamistes, ni ceux des autres, n’ont jamais fait un signe en mesure de rassurer les chrétiens. C’est pourquoi, en cas de trêve, les chrétiens penseront seulement à fuir. […] Cette guerre a détruit la Syrie non seulement dans ses pierres et dans ses édifices mais également dans les cœurs. »

Source : Valeurs Actuelles  

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