Le résultat des législatives rassure l’Europe et les Tunisiens.

Leur pays tourne le dos à l’islamisme. Une leçon pour tant d’États arabo-musulmans plongés dans la violence.

La défaite sans équivoque du parti islamiste Ennahda aux élections législatives du 26 octobre est une bonne nouvelle pour la Tunisie, pour le monde arabo-méditerranéen et, d’une certaine façon, pour l’Europe, qui pouvait redouter un nouvel afflux de migrants clandestins vers l’Italie en cas de victoire des islamistes. Le Maghreb (l’Afrique du Nord) et le Machrek (l’est du monde arabe) échappent à la naissance d’un État islamiste aux contours et aux amitiés qui pouvaient inquiéter ses voisins méditerranéens, qui contrôlent strictement l’apparition de tout phénomène islamiste (Algérie, Maroc) ou qui ont dû reprendre la maîtrise du pays, au prix de violences extrêmes (Égypte).

En première ligne face aux à-coups politiques et sociaux du Maghreb, la France, comme l’Italie ou Malte, peut aussi être soulagée de l’issue favorable du scrutin à Tunis. Une Tunisie islamiste aurait rendu encore plus compliquée la situation déjà anarchique en Libye, un pays tombé aux mains de milices, dont le sud est devenu une plaque tournante de tous les trafics djihadistes du nord de l’Afrique.

Les électeurs tunisiens (4 millions d’inscrits) ont voté dans un contexte de profond désenchantement. C’est ce que traduit la participation de 61,8 %. En 2011, 4,3 millions de Tunisiens avaient voté. Cette année, ils n’étaient plus que 3,1 millions. Une partie des électeurs qui avaient choisi le camp islamiste, en octobre 2011, par seul souci de changement, se sont cette fois abstenus.

Le résultat est qu’Ennahda a perdu son duel contre Nidaa Tounes, la principale formation anti-islamiste, arrivée en tête à l’Assemblée nationale (217 sièges élus à la proportionnelle parmi environ 1 300 listes de candidats) : Nidaa Tounes obtient 38,2 % des voix et 83 sièges, devant Ennahda (31,3 %, 68 députés), en net recul (moins 21 élus) par rapport à 2011. La nouvelle Assemblée est éclatée, comme le montrent les résultats significatifs de l’Union patriotique libre, créée par l’étonnant homme d’affaires Slim Riahi et devenue le troisième parti du pays (7,83 %, 17 sièges), juste devant le Front populaire (extrême gauche) de Hamma Hammami, crédité de 5,55 % des suffrages (12 députés). Ces deux partis monnaieront sans doute leur renfort pour permettre de bâtir une coalition majoritaire....

Source : Valeurs actuelles

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