Faudra-t-il manifester quand l’otage américain Peter Kassig sera à son tour égorgé en Syrie, comme le promettent les djihadistes de l’État islamique (EI, Daesh) ? Cela ne servirait à rien, sinon à alimenter leur propagande.

Dans l’immédiat, et pour longtemps encore, il faut continuer à détruire les capacités offensives de l’EI, empêcher nos musulmans radicalisés de partir pour le djihad, traquer ceux qui en reviennent et augmenter les crédits dédiés à cette lutte. Ce sera insuffisant. Il faut aller à la source du mal et comprendre que l’islamisme pousse sur un terreau particulier : l’islam. Des penseurs musulmans eux-mêmes l’affirment : la barbarie de l’EI se nourrit de certains textes sacrés de l’islam et de son histoire guerrière.

Les djihadistes déploient leurs bannières dans le sillage de celles du Prophète et de ses guerriers. Les responsables musulmans hésitent à le reconnaître. S’ils condamnent les violences de l’EI, ils se taisent sur les persécutions et discriminations dont souffrent en terre d’islam, depuis toujours, les non-musulmans et les femmes.

Ces situations révoltantes semblent aller de soi et la plupart de nos médias et de nos politiques s’en accommodent, faute de connaître le Coran, dont la lecture est éclairante. Peu de nos dirigeants l’ont lu. Ancien premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Alain Juppé l’a reconnu : « Jamais, tout au long de mon parcours scolaire et universitaire, on ne m’a proposé d’ouvrir le Coran, dont j’ignore à peu près tout. »

L’islam est aujourd’hui au défi de reconnaître ces quelques sources violentes où s’abreuvent les islamistes, puis de réformer ou d’adapter ce qui doit l’être. Ce sera difficile. Dictée divine (à la différence de la Bible), intemporel, le Coran n’est ni adaptable ni réformable. Sa critique est interdite depuis huit siècles.

Peu de musulmans s’y risquent, à l’image du philosophe Abdennour Bidar, dans sa Lettre ouverte au monde musulman, publiée dans Marianne : « Je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique […] Ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre le passé et le présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine. »  

Source : Frédéric Pons - Valeurs actuelles

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