Jusqu’à présent, le groupe jihadiste Boko Haram, actif dans le nord du Nigéria, attaquait une localité, pillait et tuait tout ce qu’il pouvait avant de repartir. Mais, depuis quelques semaines, il semble qu’il est désormais dans une logique de conquête. Est-il inspiré par l’exemple de l’État islamique en Irak et en Syrie ?

Récemment, et selon des informations des Nations unies, Boko Haram a pris le contrôle des villes de Damboa et de Gwoza, situées dans l’État de Borno. L’armée nigériane a affirmé avoir repris la première mais cela n’a pas été encore confirmé par une source indépendante.

Qui plus est, le groupe jihadiste, par ailleurs coupable d’une multitude d’exactions et de massacres, étend ses activités dans le nord du Cameroun, qu’il utilisait comme base arrière.

De sources locales, Boko Haram aurait en effet enrôlé 450 jeunes camerounais originaires de Kolofata. « Ils leur demandent aujourd’hui de faire leurs preuves chez eux-mêmes », a récemment confié un responsable de la police camerounaise. Fin juillet 2014, cette ville a été la cible d’une attaque qui, attribuée aux jihadistes, a fait une quinzaine de tués parmi les forces de sécurité. Et une dizaine de personnes ont été enlevées, dont l’épouse d’un ministre.

Il faut dire que Boko Haram profite de chaque faiblesse pour porter ses coups. Les mauvaises relations entre Abuja et Yaoundé et la porosité de la frontière entre les deux pays sont bien évidemment exploitées. De même que les dissensions au sein de l’armée nigériane.

Ainsi, 70 soldats nigérians ont refusé de participer à une opération visant à reprendre le contrôle de Gwoza, tout près de la frontière camerounaise. « Nous avons juré de ne pas bouger d’un pouce jusqu’à ce que nos supérieurs nous fournissent les armes nécessaires pour affronter et déloger Boko Haram qui a de bien meilleures armes », a expliqué, à l’AFP, un des mutins. « Boko Haram nous tire comme des lapins parce qu’on ne nous donne pas les armes qu’il faut pour nous battre, ça suffit comme ça », a enchéri un deuxième. Un autre s’est dit révolté par les pertes subies lors des récents combats pour reprendre Damboa.

Le fait, selon différents témoignages, est que les combattants de Boko Haram sont dotés de lance-roquettes, d’armes anti-char, de pick-up et même de véhicules blindés de transport de troupe. Quant aux forces nigérianes, elles manquent de moyens, notamment de communication, et il leur arrive même d’être à court de munitions.

Aussi, c’est dans ce contexte que Boko Haram s’est emparé d’une nouvelle ville, à savoir celle de Buni Yadi, qu’il a attaquée à plusieurs reprises ces dernière semaines, sans pour autant s’y établir.

« Il n’y a pas de soldats à Buni Yadi et selon des habitants, les militants de Boko Haram vont et viennent à leur guise », a affirmé Bego, porte-parole du gouverneur de l’Etat de Yobe, où est située Buni Yadi. Selon des habitants qui ont pris la fuite, le drapeau des jihadistes flotte désormais sur la mairie de la ville. Et des témoins ont fait état d’exécutions sommaires, comme celle de deux personnes prises en train de fumer des cigarettes.

Depuis le début de l’année, les attaques de Boko Haram ont causé la mort de 4.000 personnes, selon Amnesty International. Et d’après l’ONU, 600.000 autres ont été déplacées. 

Source : Zone Militaire 


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