Les chrétiens de Mossoul menacés de mort par les djihadistes de l'Etat islamique

Les djihadistes de l'EI appellent "les chrétiens à se convertir à l'islam, ou à payer une taxe spéciale ou, à défaut, à quitter la ville", les menaçant de mort s'ils n'obéissent pas.
 
Le Conseil de sécurité a dénoncé lundi 28 juillet 2014 les persécutions menées par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) contre les minorités en Irak, notamment les chrétiens de Mossoul, rappelant que de tels agissements sont susceptibles de constituer un crime contre l'humanité.

Dans une déclaration unanime adoptée lundi 21 juillet, les 15 pays membres du Conseil "condamnent le plus fermement possible la persécution systématique par l'EI et des groupes qui lui sont affiliés d'individus issus de minorités et de personnes qui refusent l'idéologie extrémiste de l'EI".

"Les attaques systématiques et à grande échelle contre des populations civiles en raison de leur origine ethnique ou religieuse ou de leur foi peuvent constituer un crime contre l'humanité pour lequel les responsables devront rendre des comptes".

Le Conseil salue les efforts du gouvernement irakien et de l'ONU pour s'opposer aux "menaces terroristes" contre les minorités et pour répondre aux besoins humanitaires urgents des personnes déplacées par le conflit en Irak et demande que ces efforts soient intensifiés.

L'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui représente 57 pays musulmans, a également dénoncé "comme un crime intolérable" la persécution des chrétiens en Irak par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) et offert son assistance aux déplacés.

Le secrétaire général de l'OCI, le Saoudien Iyad Madani, a jugé que "le déplacement forcé (des chrétiens de Mossoul) est un crime intolérable" de la part de l'EI, dont "les pratiques n'ont rien à voir avec l'islam et ses principes de tolérance et coexistence".

"Ces atrocités sont contraires aux principes de l'OCI", dont l'Irak est membre, a souligné Iyad Madani, ajoutant que son organisation était "prête à apporter l'assistance humanitaire nécessaire aux personnes déplacées jusqu'à ce qu'elles soient en mesure de retourner dans leurs foyers".

La fuite en masse des chrétiens de Mossoul

Les chrétiens de la ville irakienne de Mossoul ont été trompés par les djihadistes de l'Etat islamique, les nouveaux maîtres des lieux leur ayant accordé dans un premier temps une paix relative avant de les contraindre à fuir en les menaçant de mort

Ce changement d'attitude des insurgés sunnites, qui ont pris le contrôle de la deuxième ville d'Irak le mois dernier, pourrait signifier que le groupe se sent maintenant suffisamment en confiance pour imposer ses règles extrémistes.

"Nous avons été leurrés, car au début ils ne nous ont pas menacés, mais une fois installés ils ont commencé à nous imposer leurs lois terroristes", explique le père Emmanuel Kelou, qui était à la tête de l'Eglise de Mossoul, une ville de 2 millions d'habitants, et qui s'occupe maintenant des chrétiens qui ont trouvé refuge à Qaraqosh, à environ 30 km de là.

Certains chrétiens étaient même revenus chez eux après la prise de contrôle de la ville lors d'une offensive fulgurante lancée par les insurgés le 9 juin 2014, rassurés par une quasi absence d'attaques contre leurs co-religionnaires restés sur place.

Le 14 juillet, deux religieuses et trois orphelins ont été libérés à Mossoul après avoir été enlevés deux semaines plus tôt, un geste laissant espérer des relations plus pacifiques entre chrétiens et islamistes.

Mais quelques jours plus tard, les chrétiens ont dû fuir la ville en masse après un ultimatum de ce groupe ultra-radical leur donnant jusqu'au 19 juillet pour quitter les lieux.

"Leurs maisons appartiendraient à l'Etat islamique"

L'EI avait appelé "les chrétiens à se convertir à l'islam, ou à payer une taxe spéciale ou à défaut à quitter la ville (...) après quoi leurs maisons appartiendraient à l'Etat islamique", a expliqué Mgr Sako. Le texte de l'EI les menaçait de mort s'ils ne partaient pas.

Selon plusieurs témoignages, les maisons des chrétiens auraient été "marqués" par les islamistes, à l'aide du symbole "?", "N", pour Nazaréen, soit chrétien.

D'autres rapportent que l'évêché de Mossoul a été incendié

Selon des observateurs, l'expulsion des chrétiens correspond à l'objectif proclamé par l'EI de créer un Etat islamique dans les territoires qu'il a conquis, mais le groupe a vraisemblablement préféré attendre de consolider ses positions avant de franchir de nouvelles étapes.

L'EI, qui applique une interprétation rigoriste des préceptes de l'islam, a conquis de larges pans de territoires dans le nord et dans l'ouest de l'Irak dans les jours qui ont suivi la chute de Mossoul.

Selon les experts, l'attitude plus modérée à Mossoul de l'EI, connue pour ses exécutions de masse, crucifixions et vidéos et photos sanglantes publiées sur la Toile, est peut-être également une façon de ne pas s'aliéner les autres groupes d'insurgés sunnites.

En 2003, la population chrétienne de l'Irak était estimée à plus d'un million, dont plus de 600.000 à Bagdad, 60.000 à Mossoul, mais également dans la ville pétrolière de Kirkouk (nord) et à Bassora (sud).

Source : AFP et Le Nouvel Obs

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