Après quelques semaines de relative accalmie, Bangui est de nouveau le théâtre de violences interconfessionnelles après l’attaque, la veille de l’Ascension, de l’église Notre-Dame de Fatima, dans le centre de la capitale centrafricaine, non loin du quartier PK-5.

Ainsi, des hommes armés ont fait irruption dans cette église pour y lancer des grenades et tirer à l’aveugle sur les personnes qui y avaient trouvé refuge. Le bilan est d’au moins une quinzaine de tués, dont le père Paul-Emile Nzalede, un prêtre âgé de 76 ans. Les raisons de cette attaque restent à préciser. Des combats entre combattants de l’ex-Séléka (à dominante musulmane) et miliciens anti-balaka auraient précédemment eu lieu aux abords du lieu de culte.

Comme l’a confié une source proche de la force française Sangaris, un « regain de tension très net » était perceptible depuis quelques jours, notamment avec le meurtre de trois jeunes, en marge d’une rencontre de football censée réconcilier les communautés chrétiennes et musulmanes, le 25 mai.

Suite à l’attaque meurtrière de l’église Notre-Dame de Fatima, des manifestations ont éclaté contre le contingent burundais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), accusé d’avoir laissé faire les assaillants. Des barricades ont été érigées sur la plupart des axes routiers par de jeunes hommes en colère et des tirs sporadiques ont été entendus au cours de la journée du 29 mai. Une mosquée du quartier de Lakouanga a même été vandalisée.

Dans le même temps, selon une source militaire, la force Sangaris et la MISCA ont renforcé leurs positions dans le quartier PK-5, majoritairement musulman, afin de dissuader d’éventuelles représailles.

Et cette tension n’a pas baissé en ce 30 mai. Des rafales d’armes automatiques ont été de nouveau entendues dans le centre de bangui ainsi que dans les environs de l’aéroport M’Poko tandis que des milliers de manifestants, d’après l’AFP, ont défilé dans les rues pour réclamer la démission du gouvernement de transition. Les forces internationales auraient même été contraintes de faire des tirs de sommation dans plusieurs quartiers afin d’empêcher la progression des contestataires.

Pour maints observateurs, certaines factions centrafricaines attisent les violences interconfessionnelles pour servir leurs intérêts et arriver à une partition du pays afin de faire main basse sur les mines de diamants et autres ressources naturelles. Quant à celles qui ont éclaté ces dernières heures, le Premier ministre centrafricain de transition, André Nzapayéké, y voit la patte d’hommes politiques « très proches du pouvoir » et parle même de « complot planifié ».

« Il y a un certain nombre d’hommes politiques connus qui sillonnent les rues, qui demandent la démission du gouvernement, de la présidente », a-t-il dit, en précisant qu’il s’agissait de « personnes qui sont très proches du pouvoir, qui sont même autour du cabinet de Madame la présidente, autour de mon cabinet ».

Quoi qu’il en soit, l’Union européenne, qui n’a même pas été capable de fournir ne serait-ce que l’équivalent d’un régiment pour soutenir la Force Sangaris et la MISCA en Centrafrique, s’est dite « extrêmement préoccupée » par la situation de Bangui et appelé les autorités de transition à « poursuivre sans relâche leur action en faveur de la réconciliation nationale ».

Source : Zone Militaire


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