Tout ça pour ça ! La Lybie dans un état catastrophique, s'installe dans l'anarchie !

Trois ans après le début de la guerre, la Libye est dans un état chaque jour plus catastrophique.

A  la veille du troisième anniversaire de la première frappe française contre l'armée de Kadhafi, le 19 mars 2011, une évidence s'impose : la Libye est dans un état chaque jour plus catastrophique. «La situation politique et sécuritaire est très préoccupante» reconnaît-on au Quai d'Orsay, où l'on constate que «la transition (post-Kadhafi, ndlr) a perdu de sa lisibilité». Dit plus crûment : «On ne sait pas ce qu'il va se passer...»

Cette inquiétude française est largement partagée par une communauté internationale «très préoccupée» dont, au premier chef, les Etats voisins de la Libye, qui assistent impuissants à l'émergence d'une situation anarchique à leurs frontières.

Il n'y a plus d'Etat ni d'administration

Tous les observateurs constatent «l'absence d'Etat et d'administrations pour mettre en œuvre les décisions politiques». Comme l'explique un diplomate français, avec un sens remarquable de la litote, «en Libye, les sources de légitimité sont diversifiées». C'est-à-dire que plus personne ne gouverne le pays. Ce «kaléidoscope» comporte aussi bien les institutions officielles, les milices locales issues de la révolution, les groupes religieux, les tribus, etc. «En Libye, le local prime, chaque région, chaque ville, chaque quartier a sa problématique» confirme Patrick Haimzadeh, excellent connaisseur du pays.

Le pouvoir issu de la révolution anti-Kadhafi et des élections générales de juillet 2012 est en lambeaux. Le Congrès général national - le Parlement - n'a pas été capable de rédiger une constitution et ses divisions le paralysent. Son mandat prenait fin le 7 février mais faute d'alternative, il a été décidé de le prolonger. Le Premier ministre Ali Zeidan est en conflit avec le Parlement et sa situation est si mal assurée qu'il a même été enlevé quelques heures en octobre dernier. Deux pseudo-coups d'Etat ont eu lieu en février, mais faute d'Etat, les coups ont fait pschitt...

Dimanche soir encore, des manifestants armés ont attaqué le Parlement. Les autorités - si le mot convient - ne disposent pas de la force publique, réduite aux acquêts, et doivent s'appuyer sur des milices, les katibats, issues du soulèvement contre Kadhafi. Dans la capitale, deux groupes armés s'opposent principalement : les katibats de Zintane et de Misrata qui ont joué un rôle déterminant dans la chute du dictateur.

On assassine les civils

Si la situation reste encore relativement sous contrôle dans l'ouest du pays, la Tripolitaine, il n'en va pas de même dans l'Est, la Cyrénaïque, qui fut le foyer du soulèvement de 2011. Dans la ville de Benghazi, que les bombes françaises ont sauvé des «rivières de sang», un Français a été tué dimanche alors qu'il était en mission pour une entreprise chargée de construire un hôpital. En juillet dernier, le consul honoraire français avait déjà échappé à un attentat. Sur la centaine de ressortissants français toujours en Libye, plus aucun ne séjourne dans cette région.

«Il y a des assassinats tous les jours,» indique Patrick Haimzadeh qui rappelle que sept Coptes, des Egyptiens chrétiens, ont été récemment égorgés. «Les groupes islamistes veulent empêcher toute reconstruction étatique et établir de petits émirats», affirme-t-il. Les djihadistes radicaux, qui alimentent la résistance contre le régime Assad en Syrie, sont installés dans trois sites principaux : Derna, certains quartiers de Benghazi et Syrte, l'ancien fief de Kadhafi.

Dans le grand Sud du pays, personne ne sait vraiment ce qu'il se passe. Les services occidentaux parlent de la présence de camps djihadistes, qui serviraient de base arrière pour leurs actions dans toute la bande saharo-sahélienne, jusqu'au Mali. Patrick Haimzadeh relativise cet alarmisme et y décèle surtout des affrontements communautaires opposant Arabes, Touaregs, Toubous en fonction de leurs liens avec l'ancien régime.

La production de pétrole a été divisée par cinq...

Jusqu'alors, la Libye ne possédait qu'un seul atout, le pétrole, mais ce secteur est en crise grave au point que les caisses de l'Etat sont dégarnies. Alors que la Libye de Kadhafi exportait environ 1,5 million de barils/jour, les experts estiment que les exportations se situent aujourd'hui vers 300.000 barils/jour. Les coupures électriques sont fréquentes et l'essence manque dans les stations-service.

Enfin, le gel des avoirs financiers, considérables, n'a toujours pas été levé, car les autorités ne savent pas dire à qui doit revenir l'argent. «La Libye s'est installée dans une économie de la pénurie et de la violence», juge Patrick Haimzadeh. «Et je ne vois pas ce qui pourrait inverser cette tendance».

Source : Defense ouverte

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