Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français de RFI en reportage à Kidal, dans le nord du Mali, ont été tués après avoir été enlevés samedi 2 novembre 2013 par des hommes armés qui les avaient emmenés en dehors de la ville.

Retour sur les faits avérés

Mardi. Ghislaine Dupont et Claude Verlon arrivent à Kidal avec l'ONU. Ils ont quitté ce jour-là Bamako, la capitale, pour se rendre dans cette ville du nord Mali, berceau de la communauté touareg et de sa rébellion du MNLA où des accrochages s'étaient produits entre rebelles et soldats maliens fin septembre 2013. Objectif : réaliser une série de reportages dans le cadre d'une opération spéciale sur le Mali, sur les ondes de RFI, prévue pour jeudi prochain mais annulée.

Afin de traverser le Mali et parcourir les 1500 km, ils avaient demandé à être transportés par la force Serval. «Mais elle avait refusé, comme elle le fait depuis un an, en raison de l'insécurité dans cette zone», indique une source gouvernementale française. Selon cette source, «ils ont profité d'un transport de la Minusma (la Mission de l'ONU au Mali), qui continue à accepter des journalistes». C'était leur deuxième mission dans cette ville. Ils s'étaient déjà rendus à Kidal en juillet pour couvrir le premier tour de l'élection présidentielle.

Samedi 12h30. Les deux journalistes sont en interview pour RFI. C'est vers cette heure là (13h30 à Paris) que Ghislaine Dupont et Claude Verlon arrivent chez Imbeyry ag Rhissa, membre du Mouvement national  de libération de l'Azawad ( MLNA), organisation indépendantiste Touareg qui contrôle le centre-ville. «Ils sont arrivés chez moi de manière improvisée. Ils m'ont dit qu'ils n'en avaient pas pour longtemps et on a fait une interview d'une demi-heure environ», confie au Parisien-Aujourd'hui en France Imbeyry ag Rhissa. Il raccompagne à la fin de l'entretien les journalistes à leur voiture, conduite par le fils du maire de Tessalit.

13h10. Ils sont enlevés dans leur voiture. C'est en montant dans leur véhicule que Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, sont kidnappés. Imbeyry ag Rhissa raconte avoir entendu des coups de crosse contre la voiture des journalistes. En retournant sur ses pas, il se retrouve tenu en joue par un homme qui lui ordonne de rentrer chez lui. Apparemment, les ravisseurs - «enturbannés et parlant tamachek» selon Ag Rhissa - étaient cachés au coin de la rue. Ils sont arrivés en voiture juste au moment où les deux journalistes regagnaient leur propre véhicule. Après au moins un tir de sommation, ils les ont embarqués dans un pick-up beige.

«Tout s'est passé en cinq minutes», confirme le chauffeur des deux journalistes, joint par RTL. «On était dans le véhicule. D'autres voitures se sont approchées. Un homme a sauté de l'arrière de sa voiture et m'a braqué avec une arme. Il m'a demandé de me coucher à terre. Ghislaine leur a dit laissez nous, si vous voulez de l'argent, je vous en donne. Ils l'ont alors attachée. Puis ont fait de même avec Claude Verlon. Tout s'est passé en cinq minutes», a-t-il expliqué.

Deux hélicoptères français à la poursuite des kidnappeurs. Quelques instants après l'enlèvement, l'alerte est donnée. La force Serval envoie immédiatement une patrouille et deux hélicoptères pour prendre en chasse les ravisseurs, en route vers Tin-Essako. En vain. ils n'arriveront jamais à les rattraper. «Nos forces n'ont eu aucun contact visuel ou physique avec un véhicule en fuite», a confirmé le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l'Etat-major de l'armée française.

14h55. Les corps sans vie sont retrouvés. La patrouille au sol découvre les cadavres criblés de balles de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à 12 km à l'Est de Kidal. «L'un a reçu deux balles, l'autre trois balles», a précisé Laurent Fabius, le ministres Affaires étrangères. Les corps étaient «à quelques mètres de la voiture fermée à clé». il a indiqué qu'il n'y avait «aucun impact de balle sur la voiture.»   

Source : Le Parisien.fr


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