Une affaire administrative, très médiatisée, très polémique, qui remonte jusqu'au président Hollande... Est-ce normal, est-ce raisonnable ?

L'expulsion de l'adolescente Léonarda Dibrani fait polémique depuis presque une semaine. Retour sur l'affaire en quatre actes.  
 
L'intervention de François Hollande, samedi 19 octobre 2013, clôt-elle la polémique concernant l'expulsion de Léonarda ? Pas sûr. Alors que l'affaire occupe le terrain médiatique depuis le 14 octobre, francetv info revient en actes sur le déroulé des événements.

Acte 1 : Leonarda est expulsée
Tout commence le 9 octobre 2013. Leonarda Dibrani, 15 ans, une collégienne rom scolarisée en 3e dans le Doubs, est contrainte de quitter le car scolaire par les forces de l'ordre. Malgré les protestations de sa prof d'histoire-géographie, l'adolescente est prise en charge par la police et rejoint sa famille, soumise à une obligation de quitter le territoire français. La mère et ses six enfants, dont Leonarda, sont finalement expulsés par avion vers le Kosovo, pour rejoindre le père de famille, expulsé la veille.

Acte 2 : cinq jours de polémique
L'expulsion fait immédiatement polémique, d'autant que la version du Réseau éducation sans frontière (RESF) et celle des autorités divergent. L'association, citant les professeurs de Leonarda, évoque une adolescente "en pleurs" et dénonce "les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue". Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls affirme lui que "toutes les procédures administratives ont été respectées" dans l'expulsion de la famille.

La gauche s'insurge. Il n'en faut pas plus pour que de nombreuses associations, rejointes par le Parti de gauche, le PC ainsi que des membres du PS ciblent la politique deManuel Valls. Parmi eux, Claude Bartolone et le numéro 1 du PS, Harlem Désir. La gauche de la gauche réclame elle la démission de Manuel Valls. Au gouvernement, le ministre de l'Education, Vincent Peillon, appelle à "sanctuariser l'école". Leonarda, elle, souhaite revenir en France.

Les lycéens défilent. Prenant le parti de la collégienne et d'un autre adolescent récemment expulsé, des milliers de lycéens ont foulé le pavé de Paris et d'autres villes françaises, jeudi, pour dénoncer ces expulsions. Pour de nombreuses associations, l'expulsion de Leonarda "a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase".

Expulsion de Leonarda vers le Kosovo : La loi a été "parfaitement respectée"...

Acte 3 : François Hollande intervient
Après cinq jours de polémique, François Hollande tente de mettre un terme à l'affaire, samedi 19 octobre. Selon le chef de l'Etat, qui a reçu Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et Vincent Peillon, la loi a été "parfaitement respectée" lors de l'expulsion de la famille Dibrani. Il s'appuie notamment sur les conclusions du rapport de l'enquête administrative, ouverte par le ministère de l'Intérieur, et selon lesquelles l'expulsion de la famille Dibrani est "conforme à la réglementation en vigueur".

Il laisse toutefois une porte ouverte à Leonarda, afin d'apaiser les esprits choqués par son expulsion. "Si Leonarda souhaite poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé", fait ainsi savoir le chef de l'Etat. (qui a ajouté mezza voce: "elle reviendra seule")

Acte 4 : le "non" de Leonarda
Est-ce la fin du feuilleton ? Rien n'est moins sûr. L'adolescente oppose en effet un refus à la proposition du président. " Je n'irai pas seule en France, je n'abandonnerai pas ma famille. Je ne suis pas la seule à devoir aller à l'école, il y a aussi mes frères et mes sœurs", déclare-t-elle.

Et la polémique repart de plus belle. Pour le parti de gauche, cette proposition du président est d'"une cruauté abjecte"L'association La voix des Roms la juge, elle, d'une "indécence inacceptable".

Source : Francetvinfo.fr

NDL FNCV : Bien des questions se posent sur les motifs du retentissement extraordinaire donné à un évènement banal, l' expulsion parfaitement légitime et appropriée d'un délinquant étranger et de sa famille, vers leur pays d'origine.
L'administration française a été mobilisée du bas en haut de l'échelle par l'ébullition du microcosme, jusqu'au niveau du chef de l'Etat qui s'est senti obligé d'intervenir pour calmer certains esprits immatures et prendre personnellement une décision qui relève normalement des prérogatives des autorités préfectorales et judiciaires !
Est-ce normal, est-ce raisonnable ?

Rapport du Ministère de l’Intérieur à l'attention du Premier ministre
INSPECTION GÉNÉRALE DE L’ADMINISTRATION : RAPPORT SUR LES MODALITÉS D’ÉLOIGNEMENT DE LEONARDA DIBRANI
Lire particulièrement  le paragraphe 2.1 "CONCERNANT L’ÉLOIGNEMENT ET SES CONDITIONS" pages 15-16.
>>> Télécharger le rapport officiel N° 13-086/13-114/01 au format PDF...

 

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