Les riverains sont contents mais certains commerçants furieux.

A Saint-Denis, la mairie a ordonné à 70 commerces de fermer leurs boutiques le soir. Cette décision n'a pas fait que des heureux. La mairie communiste de cette ville de Seine-Saint-Denis, au nord de Paris, interdit l'ouverture en soirée pour une durée de trois mois dans un arrêté du 27 juillet 2013.

Elle justifie cette décision par le fait que de nombreuses boutiques, comme des salons de coiffure, vendaient illégalement de l'alcool dans le quartier, classé Zone de sécurité prioritaire (ZSP). Dans un communiqué publié vendredi, la municipalité a dit souhaiter "rendre le quartier à ses habitants et aux passants, rétablir la vie sociale en luttant contre le tapage nocturne et les attroupements alcoolisés".

Qualifiée de "première" dans l'histoire de cette commune par l'adjoint au maire Stéphane Peu, cette décision ne concerne pas les bars, les restaurants et les boulangeries. Un second arrêté vise toutefois cinq bars, "des établissements multirécidivistes dans des affaires de tapage nocturne ou de stupéfiants", selon le maire.

Depuis trois semaines, "les troubles dans le quartier ont grandement diminué", se félicite une habitante. Car, dit-elle, "cela ne pouvait plus durer. Toute la nuit, il y avait des attroupements, avec des problèmes d'alcool et de drogue". Désormais, selon elle, "le calme est revenu avec la présence de policiers et de fourgons de CRS".

Colère des commerçants visés

Mais pour les commerçants visés, cette mesure ne passe pas, certains pointant du doigt une décision "princière" et "électoraliste" en vue des municipales, sur fond de transformation de cette ville populaire de 100 000 habitants. "La municipalité se sert du thème de la sécurité pour asphyxier le commerce populaire!", proteste un commerçant, qui souhaite préserver son anonymat.

Selon lui, "la mairie est devenue l'instrument des promoteurs immobiliers. Derrière ses arguments, il y a une politique de 'gentrification', avec la construction de lofts dans le quartier pour des bobos parisiens", déplore-t-il. Selon lui, "la municipalité fait l'équation commerce, insécurité, délinquance. Cet arrêté est tout simplement un abus de pouvoir".

"On ressent une profonde injustice, car en touchant le petit commerce, les élus se trompent de cible. Le vrai problème, ce sont les délinquants", explique Hamoudi Ben Laharche, 45 ans, gérant d'une petite boutique de taxiphone qui fermait auparavant à 23h30. "Je respecte le bien-être des riverains, mais cet arrêté est beaucoup trop sévère et pris sans concertation", poursuit-il, précisant avoir subi une baisse de 30% de son chiffre d'affaires depuis le 27 juillet.

Conséquences "désastreuses" selon eux...

Si l'arrêté, qui pourrait être prolongé, n'a pas été attaqué devant les tribunaux, le collectif des commerçants du quartier de la gare Saint-Denis a écrit une lettre au maire début août, demandant la suspension immédiate de la mesure. "Dans un contexte de grave crise économique, les conséquences de cet arrêté sont désastreuses: perte du chiffre d'affaires, perte sur les salaires, licenciements. En effet, plus de 70% du chiffre d'affaires est réalisé dans les tranches horaires entre 18h et 22 h".

Au Paloma, le cafetier Yacine Djaouani, 28 ans, ouvre sa caisse et met des billets sur le zinc. "Regardez ma recette depuis 6 heures! Il n'y a même pas 50 euros. Vous connaissez beaucoup de bars qui ferment à 20 heures?", explique-t-il, alors qu'il fait partie des cinq établissements visés par le second arrêté.

Pour les mêmes motifs, de l'autre côté de Paris, la municipalité de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) a elle aussi pris un arrêté municipal, valable du 1er juin au 31 décembre, interdisant l'ouverture des commerces dans une partie de la principale rue commerçante après 22 h 00.

Source : Le Point.fr


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