Brive : ce qui s'est réellement passé, selon Secret Défense*

Depuis une dizaine de jours, un faits divers agite les réseaux sociaux et les internautes de la communauté militaire. Faute de pouvoir enquêter sur place, j'ai préféré donner la parole à un confrère, le journaliste Jean-Paul Cohade, en charge des faits divers à l'agence de La Montagne de Brive. Comme en témoignent ses articles, ainsi que ceux de sa consœur Emilie Auffret, il suit cette affaire depuis le premier jour et tente d'établir honnêtement la réalité des faits. Pour Secret-Défense, il a bien voulu reconstituer ce que l'on sait de cette affaire.

Au départ, une querelle de voisinage.  "Le lundi 15 juillet 2013, une demi-douzaine de jeunes des Chapelies, une cité populaire en cours de rénovation, située non loin de la caserne du 126ème RI, tente de profiter d'une piscine située dans une résidence privée. L'un de ses jeunes y avait été invité par un habitant de cette résidence et s'y était déjà rendu la veille et l'avant-veille. Ce n'était pas le cas des autres jeunes. Toutefois, comme l'ont raconté des habitants, ils le faisaient parfois, se sauvant lorsque le gardien arrivait.

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Ce jour-là, une altercation a lieu avec des résidents et notamment un militaire du 126 ème RI, qui habite au rez-de-chaussée de la résidence. Des insultes sont échangées, le ton monte et la situation s'envenime.  Un premier coup est porté par le militaire, comme nous l'a raconté un autre militaire présent sur place. On est dans une bagarre comme il y en a des centaines partout chaque été. Aucune incapacité temporaire de travail (ITT) n'en est résultée."

Une femme fait une fausse-couche à cause des coups qu'elle a reçu ?

C'est faux. L'épouse du militaire n'a jamais été frappée, comme en témoigne, par exemple, les images de vidéo-surveillance. Elle a assisté à la scène entre son mari, un militaire d'origine polynésienne, et les jeunes de la cité voisine. Elle-même est d'origine nord-africaine. Trois jours plus tard, elle fait une fausse couche alors qu'elle était enceinte de trois mois et non de cinq ou sept comme on l'entend dire. La justice a ouvert une enquête pour établir s'il y avait un lien entre sa fausse-couche et la "violence psychologique", liée à l'affrontement autour de la piscine. Le phénomène existe mais il est assez rare.

Une expédition punitive !

"Dans le  soirée du 16 juillet, le lendemain donc, une expédition punitive est organisé par des militaires, en civil, et d'autres personnes non-militaires. Entre cinquante et soixante personnes, selon les témoins, dont de nombreux polynésiens, mais pas seulement ("il y avait de tout" nous a raconté un témoin) arrivent vers 22h30 dans le parc des Chapelies, où des familles sont réunies après la rupture du jeûne du ramadan. Ils sont armés de battes de base-ball, de barres de fer, et même, semble-t-il, de coupe-coupes.

On ne peut pas parler de bagarre générale, mais bien plutôt d'une panique générale. Un habitant est poursuivi dans une cage d'escalier, un autre reçoit une pierre à la tête (10 jours d'ITT) : c'est le seul blessé. Quelques véhicules particuliers sont endommagés. L'affaire dure une quinzaine de minutes. Puis la police arrive.  Les jeunes du quartier s'énervent et mettent le feu à un engin de chantier. Plus tard dans la nuit, d'autres jeunes vont s'en prendre au logement du militaire dans la résidence privée, et vandalisent le store. Là encore, la police intervient, utilisant du gaz lacrymogène. Au total, la police est intervenue six fois dans la nuit."

La situation reste tendue malgré les appels au calme. "En fin de semaine, le vendredi 19, un nouvel incident - sur lequel nous ne disposons que d'informations partielles - aurait opposé des militaires du 126 et trois jeunes de la cité - blancs. Le mardi 23, des militaires et leurs amis se sont retrouvés sur le parking d'un supermarché vraisemblablement en vue d'une autre action, mais ils ont dissuadés de le faire par la police. La mairie et le régiment n'ont eu de cesse de multiplier les appels au calme". 

Des mises en examen...

"Suite à leur garde à vue en début de semaine, sept jeunes ont été mis en examen mercredi 24 : trois d'entre eux sont des Chapelies et quatre des militaires du 126. On ne connait pas leur identité, mais l'on sait qu'ils sont entre 18 et 24 ans et qu'aucun des militaires ne revient du Mali. Tous ne sont pas poursuivis pour les même charges.  Les jeunes des Chapelies sont notamment poursuivis pour violation de domicile et violence en réunion. Les militaires pour violence en réunion, participation à un attroupement armé et dégradation volontaire en réunion. Ils ont tous été placé sous contrôle judiciaire.
Le parquet a eu la sagesse d'ouvrir trois enquêtes différentes, portant sur la violation de domicile - c'est-à-dire l'affaire de la piscine - les violences aux Chapelies et la fausse-couche de l'épouse du militaire".

Un contexte local particulier.

"Cette affaire intervient après celle, beaucoup plus grave, de La Charette, une boite de nuit locale. En juin 2009, trois militaires d'origine polynésienne du 126ème RI ont causé la mort de Jamal Adam, 28 ans, au cours d'une bagarre à la sortie de la boite. En novembre dernier, ils ont été condamnés à de la prison avec sursis - ce qui a suscité un sentiment d'incompréhension dans une partie de la population. On retrouve ce sentiment aux Chapelies, où l'on estime que la police ne les protège pas contre les militaires".

* Source : Jean Dominique Merchet - Secret Défense


NDLR FNCV :
Cette version des faits rapportée par Secret Défense qui la tient d'un journaliste de "La Montagne", diffère assez substantiellement de celles émises jusqu'ici dans les médias. Par souci d'objectivité, nous nous devions de la publier.  Il appartient à chacun de se former sa propre opinion.


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