Plusieurs morts et des dizaines de blessés graves dans l'accident de train en gare de Brétigny-sur-Orge

Le train numéro 3657, parti de la gare de Paris-Austerlitz à destination de Limoges, a violemment déraillé à 17 h 14, vendredi 12 juillet, en entrant en gare de Brétigny-sur-Orge, en Essonne.

"Le bilan est actuellement de 6 morts, de 30 blessés dont 8 dans un état grave", a déclaré dans la soirée le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ajoutant qu'ils étaient "tous pris en charge dans les hôpitaux de la région parisienne". "Aujourd'hui, il est impossible de donner une information" sur les causes de cet accident, a-t-il souligné, promettant que les autorités informeraient la population dans "la plus grande transparence".

Les secours, à pied d'œuvre toute la nuit, "n'ont pas identifié de nouvelles victimes" pour l'heure, a annoncé samedi sur i-Télé le ministre des transports, Frédéric Cuvillier. Le ministre a toutefois incité à la prudence quant à une évolution du bilan. Les trois voitures qui se sont couchées doivent être relevées dans la journée et "nous ne sommes pas à l'abri de mauvaises découvertes", a dit M. Cuvillier. Il a précisé que "les opérations de levage des wagons seront très longues" puisque "les wagons sont très imbriqués".

VITESSE NORMALE

Le train roulait à 137 km/h, une vitesse "normale" à cet endroit, lorsqu'il a déraillé 200 mètres avant d'entrer dans la gare où il ne devait pas s'arrêter, au niveau d'un aiguillage. Selon Frédéric Cuvillier, un accident encore plus grave a pu être évité grâce aux réflexes du conducteur, qui a réussi à éviter une collision avec un autre train. Une information confirmée plus tard par le président de la SNCF, Guillaume Pépy.

François Hollande, qui s'est rendu sur place dans la soirée, a exprimé "sa solidarité aux victimes". Il a déclaré que "trois enquêtes avaient été diligentées" pour déterminer ce qui s'est passé. "L'une par la justice, l'autre par la SNCF et une troisième par les services du ministre des transports". La gare, empruntée notamment par des RER C, serait fermée "pendant trois jours". "Ça ira très vite car j'ai demandé là encore que les travaux puissent être engagés dans un délai le plus prompt possible", a ajouté M. Hollande.

La ligne ferroviaire Paris-Limoges-Toulouse sera également interrompue le temps de l'enquête puis des travaux. La SNCF va mettre en place quelques trains pour rallier les trois villes, par un circuit passant par Nevers, donc plus long, a indiqué Alain Krakovitch, directeur de la sécurité lors d'une conférence de presse.

"DANS NOTRE WAGON, TOUT A COMMENCÉ À SE TORDRE"


L'origine du drame de Brétigny n'est pour l'heure pas connue. Frédéric Cuvillir a précisé qu'aucune hypothèse n'était "écartée" mais que des problèmes d'aiguillage ou bien au niveau de l'infrastructure – essieux et roues – étaient prioritairement examinés.

Selon un conducteur de train interrogé par Le Monde, "ça n'est sans doute pas un problème de vitesse, à cet endroit les contrôles de vitesse sont normés". Il s'agirait plutôt "d'un problème d'infrastructure, peut-être un problème d'aiguillage". Ce cheminot confie qu'il s'agit "pour la SNCF, d'un traumatisme équivalent à la catastrophe du Rio-Paris".

Des passagers ont raconté au Monde que le train a commencé à trembler fortement à l'approche de la gare, avant de se scinder en deux. "Dans notre wagon, tout a commencé à se tordre. Des morceaux de ferraille ont commencé à percer les murs, au milieu d'un amas de tôle", raconte Virginie, qui voyageait dans le troisième wagon.

Elle souligne la solidarité entre les passagers. "Immédiatement, chacun s'est occupé de son voisin", se souvient-elle. "La bonne volonté des gens était incroyable", confirme Anouchka, qui a ajouté que, contrairement à ce qui a été dit, "personne n'a été écrasé ou électrocuté".

Source : LeMonde.fr

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