Le braqueur-écrivain Redoine Faïd s'est évadé samedi 13 avril 2013 de manière spectaculaire, à l'aide d'explosifs après avoir pris en otage quatre surveillants de la prison de Sequedin (Nord), où il était détenu après une tentative d'attaque à main armée qui avait coûté la vie à une policière municipale en mai 2010. Cette évasion, qualifiée d'"acte de guerre" par les syndicats de surveillants, a débuté vers 8 h 30, lors d'un parloir où ce "détenu particulièrement dangereux", selon le procureur de Lille, a pris quatre surveillants de la maison d'arrêt en otage, avant de quitter l'établissement une demi-heure plus tard, au terme d'un scénario digne d'un roman policier.


Tous les otages ont été libérés sur l'itinéraire de fuite de Redoine Faïd et sont sains et saufs, a déclaré Frédéric Fèvre, procureur de la République de Lille, lors d'un point presse. Extrêmement choqués, ils ont été placés en observation médicale, mais trois d'entre eux avaient pu sortir de l'hôpital en milieu d'après-midi. Une cellule de crise a été mise en place dans l'établissement pénitentiaire.

Éventuelles complicités

Selon le procureur, Redoine Faïd est armé et muni d'explosifs, mais il ne précise pas leur origine ni comment il s'est procuré une arme. L'avocate de l'ex-femme de Redoine Faïd a formellement démenti que cette dernière se soit rendue à la prison ce samedi matin, comme cela a été évoqué dans un premier temps. Selon une source syndicale, Redoine Faïd devait rencontrer son frère lors d'un parloir, sans qu'on sache si la rencontre avait pu avoir lieu avant l'évasion.


Une femme, qui rendait visite à son fils à la maison d'arrêt de Sequedin et qui a entendu l'explosion, a dit avoir vu "un homme être emmené avec des menottes". "Je croyais que c'était ma dernière heure. Tout d'un coup, tout a sauté. Tous les murs ont bougé, même les carreaux des portes. J'ai eu vraiment peur", a témoigné Rose Lafont. Il y aurait eu cinq explosions, détruisant cinq portes de l'établissement, a précisé Étienne Dobremetz, du syndicat pénitentiaire Ufap-Unsa.


Redoine Faïd aurait ensuite pris la fuite à bord d'un premier véhicule, qu'il a abandonné et aurait incendié sur l'A25 à hauteur de Ronchin, puis est monté dans un second véhicule qui était activement recherché, selon la préfecture du Nord. Il aurait d'abord relâché un des otages juste après avoir quitté la prison, puis un autre quelques centaines de mètres plus loin, au niveau d'un pont, et enfin les deux derniers au niveau de la route nationale 41, selon Étienne Dobremetz. La police judiciaire de Lille et l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), co-saisis de l'enquête, recherchaient d'éventuelles complicités dont aurait pu bénéficier le fugitif. "Tous les policiers sont mobilisés, et le maximum sera fait pour retrouver l'intéressé le plus rapidement possible", a affirmé le procureur.

Une prison pas adaptée ?

Faïd, 40 ans, qui se présente comme un braqueur repenti, est soupçonné par la police d'être le maître d'oeuvre d'un projet d'attaque à main armée qui avait coûté la vie à la policière municipale Aurélie Fouquet, 26 ans, en mai 2010 à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Il avait publié fin 2010 un livre où il racontait son itinéraire de délinquant des cités, s'y affirmant spécialiste - mais ayant tourné la page - des attaques de fourgons blindés. Faïd avait échappé de peu en janvier 2011 à la police lors d'une série d'interpellations, avant d'être arrêté quelques mois plus tard, en juin, près de Lille. "Je n'ai pas été étonné à l'annonce de son évasion. Cela dit, rien ne me le laissait penser", a déclaré Me Jean-Louis Pelletier, avocat de Redoine Faïd.


Celui-ci avait été incarcéré à la maison d'arrêt de Sequedin, située à quelques kilomètres à l'ouest de Lille, qui abrite environ 800 détenus pour 638 places, et 220 surveillants selon l'Ufap-Unsa. Les syndicats ont dénoncé samedi un "acte de guerre", le syndicat FO pénitentiaire allant jusqu'à réclamer la démission "dès aujourd'hui" du directeur de l'administration pénitentiaire et du ministre de la Justice. La garde des Sceaux, Christiane Taubira, devait arriver sur place samedi vers 16 h 30. "Il faut qu'on nous donne les moyens une bonne fois pour toutes de gérer ce genre d'individu, et je pense que ça passera par la construction d'établissements spécialisés et destinés à recueillir ce genre d'individu", a réclamé Étienne Dobremetz, pour qui la prison de Sequedin n'est "pas adaptée" à des détenus "dangereux".

Source : Le Point.fr


Retrouvez nous sur Facebook : FNCV.Combattants.Volontaires
Page officielle de la Fédération Nationale des Combattants Volontaires

* * *