« Merci François Hollande ! Merci la France ! »

Depuis l’aube, ils s'étaient rassemblés sur la grand-place de Tombouctou, face à la bibliothèque Ahmed Baba. Celle-là même où les islamistes ont administré il y a quelques semaines ce qu’un habitant appelle «une correction» à un couple accusé d’adultère : cent coups de fouet chacun. «Je vais proposer au conseil municipal de rebaptiser ce lieu Place François Hollande», s’enthousiasmait un responsable local, Yayhé Hama Cissé.


Après une courte visite du centre des archives, où les jihadistes ont brûlé des manuscrits avant de fuir l’arrivée des troupes françaises, François Hollande et son homologue le président (ndlr : par intérim) malien Diocounda Traoré ont pénétré sur la place sous les vivats de la foule. Sous un soleil de plomb, deux à trois mille personnes criaient à tue-tête : «Merci François Hollande ! Merci la France !» Celui-ci s’est livré, comme attendu, à un long bain de foule. Malgré la présence de nombreux gardes du corps, une femme est parvenue à l’enlacer pour lui témoigner de sa reconnaissance. A la fin de la visite, les hommes de la sécurité du président ont dû souffler qu’une de leur hantise, l’attentat suicide, ne soit pas survenue. Le centre-ville était quadrillé par les militaires français et maliens. Dans le ciel dégagé, des hélicoptères tournoyaient.

Avant de goûter aux délices de la liesse populaire et à son statut de «libérateur», François Hollande avait visité la grande mosquée de Tombouctou, passant devant les mausolées détruits par les islamistes. Une étape qui lui a permis de souligner que l’intervention de l’armée française n’avait aucune dimension religieuse, et qu’elle répondait à l’appel au secours lancé par le pouvoir de Bamako menacé d’effondrement suite à l’offensive des jihadistes du 10 janvier. Dans la bibliothèque, au côté de la directrice de l’Unesco invitée pour l’occasion, le chef de l’Etat a pu également insister sur la nécessité de protéger les populations et le patrimoine culturel malien.

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Flanqué des ministres des Affaires étrangères, de la Défense et du Développement - Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian et Pascal Canfin - et du chef d'état-major des Armées, l’Amiral Guillaud, le chef de l’Etat sera resté moins de trois heures à Tombouctou. Le temps de célébrer le succès de l’opération Serval, qui a permis en moins de trois semaines de chasser les jihadistes de la boucle du Niger. Mais avant, peut-être, d’affronter de nouvelles difficultés plus au nord, où les islamistes tentent de se dissimuler et où le retour des troupes de Bamako en pays touareg risque de créer quelques turbulences.

François Hollande : «Ce serait une erreur de s’arrêter» à Tombouctou

Avait-il en tête l’image de George W. Bush clamant sur un porte-avion «Mission accomplie» avant que l’Irak ne sombre dans un chaos de plusieurs années ? Ce samedi, avant de s’envoler pour Bamako en Transall, François Hollande a indiqué devant les soldats français rassemblés à l’aéroport de Tombouctou que «le combat (n'était) pas terminé» et que ce serait même «une erreur de s’arrêter là» après la prise de Gao et Tombouctou, les deux principales villes du Nord-Mali. Le président a ajouté que les troupes françaises seraient aux côtés des forces maliennes «plus au nord pour finir cette opération». Tout en précisant aussitôt que l’armée française n’avait pas «vocation à rester» au Mali. Mais, il y a trois semaines à peine, n’avait-elle pas vocation à se tenir en retrait des forces maliennes et africaines ?

A sa droite, le président par intérim du Mali, Diocounda Traoré, avait de quoi être satisfait. Paris n’entend pas se désengager de sitôt. «Ensemble, a-t-il lancé, nous avons libéré Konna et Diabali, ensemble nous avons libéré Gao et Tombouctou» et «ensemble nous libérerons Kidal et Tessalit». Le numéro un malien a aussi indiqué qu’il comptait bien sur Paris pour «traquer les terroristes jusque dans leurs derniers repaires». Ce qui ouvre la voie au maintien possible d’une présence militaire française à long terme sur le territoire malien. Au Tchad, l’opération Epervier, toujours en cours, a démarré en 1986...

Source : Libération.fr - THOMAS HOFNUNG Envoyé spécial à Tombouctou

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«La France aidera jusqu'à la restauration totale du Mali»

A Tombouctou, François Hollande a dénoncé la "barbarie" des islamistes armés, des milices djihadistes d'al Qaida, qui ont multiplié les exactions dans la ville tout juste libérée. Sa visite au Mali devait se poursuivre, plus tard dans la journée à Bamako, la capitale du pays pour des réunions de travail.

Source : AFP - 2 février 2013

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