Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a reçu le Premier ministre malien par intérim Diango Cissoko, lundi 14 janvier 2013.

L'intervention militaire française au Mali a reçu l'appui de ses partenaires occidentaux et africains. L'Algérie, traditionnellement hostile aux ingérences étrangères dans la zone saharo-sahélienne, n'a pas pour l'instant réagi publiquement à la présence de l'armée française dans le nord du Mali. L'accélération des événements au nord du Mali impose à l'Algérie de revoir sa stratégie.

Depuis le déclenchement de la guerre au nord du Mali il y a un an, Alger a toujours privilégié l'option du dialogue pour régler la crise et s'est opposée à toute intervention étrangère dans ce qu'elle considère comme son arrière-cour.

Les Algériens ont donc perdu sur les deux tableaux, diplomatique et militaire. Ansar Dine et son chef, Iyad Ag Ghali, qu'ils avaient réussi à imposer comme un partenaire fréquentable, les a floués en décidant d'attaquer l'armée malienne avec ses alliés islamistes d'Aqmi et du Mujao.

Des djihadistes bientôt asséchés...

L'intervention étrangère est en cours et, qui plus est, déclenchée et conduite par la France, l'ancienne puissance coloniale. L'Algérie doit s'adapter à cette nouvelle donne et c'est ce qu'elle semble déjà faire. Le gouvernement algérien a apporté lundi un soutien sans équivoque au gouvernement de Bamako en n'excluant pas, selon nos sources, un appui en matériel à l'armée malienne.

Alger a également décidé de fermer ses frontières avec le Mali, ce qui va assécher l'approvisionnement des islamistes qui se ravitaillaient notamment en carburant en territoire algérien.

L'Algérie est aujourd'hui obligée d'appuyer l'opération au Mali, assure un diplomate de la région. Ira-t-elle jusqu'à mettre à disposition ses bases de Reggane et de Tamanrasset, comme elle l'avait officieusement promis en juin dernier avant de se rétracter ?

Alger se déclare solidaire de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans le Sahel

Le Premier ministre malien, Diango Cissoko, s'est dit « satisfait » à son départ d'Alger lundi, après une visite de deux jours. Selon lui, Alger et Paris ont des points de vue convergents sur la crise au Mali, et les Algériens ont fait preuve de soutien.

Alger a d'ailleurs multiplié les signaux en condamnant les violences des groupes armés, en annonçant la fermeture de ses frontières et en soutenant la légitimité de l'intervention de l'armée française.

Même satisfaction du côté du ministère des Affaires étrangères algérien. Mourad Medelci souligne les rapports de bon voisinage et la solidarité nécessaire pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé dans le Sahel. Aujourd'hui encore, les autorités algériennes ont insisté : pour éradiquer ce fléau, le recours à la force est légitime et la coopération internationale est une nécessité et une exigence.

L'Algérie va d'ailleurs poursuivre son aide au Mali. Selon le ministre des Affaires étrangères, Alger soutenait jusqu'à présent son voisin via une aide financière, une aide humanitaire et par un appui à l'armée malienne en formant les soldats contre le terrorisme.

Source : Reuters et RFI

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