Des rebelles islamistes ont attaqué un site gazier exploité par BP et Statoil à la frontière Est de l'Algérie, et pris plusieurs personnes en otages

L'attaque a été menée mercredi matin contre un site gazier dans l'est de l'Algérie par des islamistes armés disant venir du Mali et affirmant avoir pris en otages 41 Occidentaux. Quelques 400 personnes seraient retenues sur le site gazier exploité par l'entreprise nationale Sonatrach, avec les compagnies britannique BP et norvégienne Statoil à Tigantourine, à 40 kilomètres d'In Amenas, non loin de la frontière libyenne, indique un témoin de l'attaque sur le site du Figaro.fr. De son côté, le P-DG de BP a annoncé que 150 employés algériens du groupe français CIS Catering sont retenus sur le site de BP. Treize Norvégiens font partie des otages, a annoncé le Premier ministre de Norvège.

Des ressortissants français pourraient être concernés par la prise d'otages sur un site algérien du groupe pétrolier britannique BP, a déclaré mercredi François Hollande. Le président français a dit ne pas être en mesure de donner le nombre de personnes retenues. "Une prise d'otages a lieu en Algérie sur un site pétrolier avec un nombre de personnes retenues dont nous ne pouvons pas encore connaître l'exactitude, et de même pour les ressortissants français qui pourraient être concernés", a dit le chef de l'État lors de ses voeux aux parlementaires. "Je suis en liaison permanente avec les autorités algériennes qui font et feront leur devoir. Nous sommes également en contact avec les chefs d'État et de gouvernement concernés", a-t-il ajouté.

Deux étrangers tués

Un combattant contacté par l'Agence France-Presse a affirmé que les assaillants avaient agi en représailles à l'intervention militaire française menée depuis vendredi au Mali pour repousser une offensive de groupes islamistes armés. Plus précisément, les islamistes de la brigade Al-Mouthalimin, qui revendiquent l'attaque, affirment réagir à l'autorisation de survol de l'espace aérien algérien par les avions militaires français.

L'attaque a commencé mercredi à l'aube. Selon l'agence officielle algérienne APS, citant une source préfectorale, deux étrangers, dont un Britannique, ont été tués dans l'attaque. Interrogé par l'Agence France-Presse, le ministère britannique des Affaires étrangères a indiqué qu'il n'était pas en mesure de confirmer la mort d'un de ses ressortissants. Dans un communiqué, il a seulement confirmé que des Britanniques ont été "pris dans l'incident en cours près de la ville d'In Amenas".

41 ressortissants occidentaux otages

Le ministère algérien de l'Intérieur avait auparavant annoncé un mort étranger, six blessés, dont deux étrangers, et plusieurs personnes prises en otage par un "groupe terroriste" non identifié. Un porte-parole des ravisseurs islamistes, cité par deux sites d'information mauritaniens, Agence Nouakchott information et Sahara Medias, a assuré que "41 ressortissants occidentaux, dont 7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais" avaient été pris en otages. Il a précisé que cinq otages sont retenus dans l'usine alors que les 36 autres se trouvent sur un "site d'hébergement".

Un combattant joint par téléphone par l'Agence France-Presse a affirmé que les attaquants étaient des membres d'al-Qaida, venus du Mali. "Nous sommes membres d'al-Qaida et nous sommes venus du nord du Mali. Nous appartenons à la brigade Khaled Aboul Abbas, Mokhtar Belmokhtar", a-t-il dit, en rappelant que Belmokhtar avait menacé de "riposter à toute intervention militaire au Mali". Belmokhtar, surnommé "le Borgne", est l'un des chefs historiques d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qu'il a introduite dans le nord du Mali.

Témoignages

Alger avait annoncé mardi avoir fermé sa frontière avec le Mali, après avoir exprimé son soutien "sans équivoque" aux autorités de transition au Mali. Dans un communiqué, le ministère algérien de l'Intérieur a expliqué qu'"un groupe de terroristes, fortement armé, arrivé à bord de trois véhicules, a investi mercredi à 5 heures la base-vie de Sonatrach à Tigantourine". "L'attaque a visé d'abord un bus qui quittait cette base et transportait des étrangers vers l'aéroport d'In Amenas", a ajouté le ministère en précisant qu'elle avait été "repoussée par les unités d'escorte". "Le groupe terroriste, après cette tentative avortée, s'est dirigé vers la base-vie dont il a investi une partie et y a pris en otage un nombre indéterminé de travailleurs, dont des ressortissants étrangers", a-t-il poursuivi.

Une cellule de crise a été mise en place, selon APS. L'Irlande a indiqué qu'un de ses ressortissants, originaire de la province britannique d'Irlande du Nord, faisait partie des personnes kidnappées, tandis que Tokyo évoquait "un certain nombre de Japonais détenus". L'épouse d'un employé norvégien a indiqué au journal local Bergens Tidende que son mari faisait aussi partie des otages. "Mon mari m'a appelée ce matin. Il m'a dit qu'il avait été pris en otage." Elle a précisé que son époux lui avait fourni un numéro de téléphone à transmettre à la police, apparemment celui des ravisseurs, selon elle. "Il y avait quelqu'un qui lui dictait ce qu'il devait dire en anglais. La police a appelé le numéro qu'il m'a donné. La conversation a été coupée après quelques secondes", a-t-elle dit. Un porte-parole de l'ambassade de France à Alger a indiqué ne pas être en mesure de confirmer la présence de Français parmi les otages.

Source : Le point.fr

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