Devant l'offensive annoncée du gouvernement contre la légion des comités Théodule, ceux-ci ont pris le maquis...

Offensive du gouvernement contre les comités Théodule
et autres commissions spécialistes du gaspillage de l'argent public

Théodule, qui vient du grec Théos (Dieu) et "Doulos" (esclave) est un prénom masculin français qui n'est plus usité de nos jours..

Dans les institutions françaises, on appelle comité Théodule, un comité ou une commission qui n'a que peu ou pas d'utilité. L'expression a été créée par le Général de Gaulle lorsqu'il lança cette boutade le 25 septembre 1963, lors d'un voyage à Orange :

« L'essentiel pour moi, ce n'est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, c'est ce que veut le pays. J'ai conscience de l'avoir discerné depuis vingt-cinq ans. Je suis résolu, puisque j'en ai encore la force, à continuer de le faire. »

Les comités Théodule, disséminés dans le maquis de l'administration française, sont actuellement au nombre incroyable de 697.  Le Figaro.fr a publié un article révélateur sur cette gabegie qui n'a d'autre rôle que de recaser les hommes politiques qui n'ont plus aucune utilité, si tant est qu'ils en aient jamais eu une. 

Les comités Théodule sont légion...

«Pour enterrer un problème, nommez une commission», disait déjà Clemenceau. Depuis, les gouvernements ont, au gré de l'actualité, créé de nouveaux comités Théodule sans jamais ou presque en supprimer.                                                     

Un véritable maquis !

Un véritable maquis, et une liste de noms, parfois cocasses, souvent ronflants: beaucoup de hauts comités ou de commissions supérieures, avec pour seules indications de performance, un budget et le nombre de réunions tenues. Tandis que les administrations sont, quant à elles, soumises à une cure d'austérité, «Avons-nous réellement besoin de 700 comités dont nous ne savons rien?» s'emportait le député UMP Richard Mallié, questeur à l'Assemblée, parti en croisade contre «ce mal français» et la «gabegie».

La liste tient de l'inventaire à la Prévert.

  • Il y a ce Comité de la prévention et de la précaution (on n'est jamais trop prudent), qui affichait un budget de 80.000 euros en 2009, pour dix réunions.
  • Plus exotique, le Comité national de l'initiative française pour les récifs coralliens se réunit, lui, tous les deux ans. Il compte 38 membres et coûte 150.000 euros.

On découvre également :

  • Le Comité des finances locales
  • La Commission nationale d'indemnisation des dégâts de gibiers
  • Le Comité stratégique du calcul intensif…
  • Le Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels maritimes et du bien-être des gens de la mer
  • La Commission spécialisée de terminologie et de néologie en matière juridique (chargée d'enrichir la langue française).
  • Le Conseil d'analyse de la société. Sa mission: "Éclairer les choix politiques du gouvernement par l'analyse et la confrontation des points de vue."
    Sa réflexion est alimentée par un budget d'éclairage de 275 000 euros.

Heureusement, plusieurs comités Théodule ont déjà été supprimés en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy et le gouvernement Fillon, à savoir:

  • L'observatoire de la Lecture.
  • Le Conseil supérieur des musiques actuelles.
  • La commission interministérielle relative à tout projet de système informatique élaboré pour la tenue de comptabilité générale analytique ou de gestion.
  • Le Comité national de facilitation
  • La commission centrale des servitudes aéronautiques
  • La commission d'agrément des experts en bateaux de navigation intérieure
  • Le Comité de la protection des obtentions végétales
  • La Conférence de la ruralité
  • La Commission sur l'image des femmes dans les médias
  • La Commission de localisation des offices de notaires

Mais ces structures se sont multipliées d'autant plus facilement qu'elles semblent en apparence peu coûteuses. Leurs membres sont généralement bénévoles et les réunions sont abritées dans les ministères. Mais cette apparente gratuité «ne tient pas compte des frais réels d'organisation, de secrétariat, de mise à disposition de fonctionnaires et de frais de déplacement», soulignait Lionel Tardy, député UMP de Haute-Savoie. Par ailleurs, d'autres voient leurs budgets croître, sans que l'on sache très bien pourquoi.

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En 2012, il semble que le gouvernement socialiste (hé oui!) ait décidé d'agir contre cette situation qui devient plus qu'indécente en période de crise économique. Il faut « voir tout ce qu’on peut économiser » a déclaré François Hollande à ses ministres, et dans la foulée, le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone veut supprimer plus de 200 comités Théodule.

François Hollande a donné pour instruction de «dégager un certain nombre d’organismes qui ne servent absolument à rien». En 2012, les 680 comités Théodule coûtent environ 30 millions € par an. Certains siègent rarement, d’autres pas du tout, comme par exemple le «Comité d’orientation et d’évaluation de l’académie nationale du renseignement». Les autorités administratives indépendantes (AAI) sont dans le même cas. Fleur Pellerin, ministre de l’économie numérique, a évoqué la fusion de deux d’entre elles: CSA et ARCEP.

Et n'oublions pas la Halde, Hadopi et l'organisme des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC)...

NDLR FNCV : Souhaitons que ces déclarations martiales ne soient pas comme tant d'autres de simples velléités, et qu'elles seront suivies d'effet. L'exemple vient d'en haut, et il y a si longtemps que nous, les doulos, attendons ce moment !!!

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