La police a mené une intervention d'envergure nationale samedi matin dans les milieux salafistes.

Un homme a été tué et 11 personnes sont en garde à vue. Le parquet de Paris évoque «une cellule» de délinquants. Un vaste coup de filet antiterroriste a été mené samedi matin par la police dans plusieurs villes de France.

Il visait un «réseau, quasiment une cellule» composée de personnes ayant pour certaines d'entre elles le profil de délinquants convertis «à l'islam radical», a indiqué le procureur de Paris, François Molins. Un homme a été tué à Strasbourg et 11 personnes sont actuellement en garde à vue. Elles peuvent le rester jusqu'à mercredi matin au plus tard. Un ou deux individus sont actuellement recherchés.

L'opération a été menée dans le cadre de l'enquête sur le jet d'une grenade contre une épicerie juive de Sarcelles en septembre. Les autorités parlent désormais d'un attentat. L'enquête a connu «une évolution majeure le 25 septembre dernier après l'identification de l'empreinte génétique d'un individu connu par la DCRI pour son appartenance à la mouvance jihadiste», a expliqué le haut magistrat parisien.

Dans le cadre de ce coup de filet, un homme a donc été tué à Strasbourg lors d'échange de tirs avec l'antigang et 10 personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue. Les interpellations ont eu lieu à Cannes, en région parisienne et à Torcy en Seine-et-Marne. Les personnes arrêtées sont toutes de nationalité française et seraient toutes originaires de Cannes. Trois ont un casier judiciaire pour des affaires de droit commun.

Cette opération «d'envergure a été lancée il y a plusieurs semaines», selon les propos du premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Elle a été menée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire, avec le soutien des services locaux. Dans un communiqué, François Hollande a affirmé «la détermination entière de l'État à protéger les Français contre toutes formes de menaces terroristes». Le chef de l'Etat a «salué l'action de la police et demandé au ministre de l'Intérieur», Manuel Valls, qu'il a reçu à l'Élysée, «de prendre toutes les mesures de vigilance nécessaires».

Le ministre de l'Intérieur a quant à lui rappelé l'existence d'une «menace terroriste en France». «Cet islamisme radical se nourrit de fantasme, de haines, à l'égard de notre pays et des Juifs», a expliqué Manuel Valls samedi soir sur TF1, revenant sur les tueries de Toulouse et Montauban commises en mars par Mohamed Merah. Concernant le réseau démantelé, le ministre a évoqué «une cellule bien organisée qui a failli commettre l'irréparable le 19 septembre à Sarcelles» lors de l'attaque d'une épicerie casher. «L'arme était faite pour tuer. Il fallait mettre ce groupe hors d'état de nuire», a-t-il jugé.

Des «testaments» retrouvés

À Strasbourg, les policiers, quand ils sont entrés dans un appartement du quartier de l'Esplanade, ont essuyé des tirs de Magnum 357. Ils ont riposté, touchant mortellement le tireur, identifié sous le nom de Jérémie Louis-Sidney, un homme placé sous surveillance et qui semblait beaucoup se déplacer en France. Selon le procureur de Strasbourg, l'homme âgé de 33 ans est décédé dans le hall de l'immeuble, cherchant à fuir. Il était connu de la DCRI depuis plusieurs mois et avait été condamné en 2008 pour des affaires de stupéfiants. Il était arrivé depuis peu à Strasbourg. Il était «très déterminé avec probablement la volonté de finir en martyr», a affirmé le procureur de Strasbourg, Patrick Poirret. Un seul policier a été blessé lors de l'intervention. L'agent a reçu une balle au niveau de la tête et une autre au niveau du cœur, mais elles ont été arrêtées par son gilet pare-balles et son casque de protection.

Au moment de l'opération, se trouvaient dans l'appartement une femme, identifiée comme l'une des compagnes du tireur, une fillette de 6 ans et un nourrisson, dont l'homme est le père. La compagne, qui portait un niqab, a été interpellée et transférée au commissariat, menottes aux poignets, alors que des agents des services de la police technique et scientifique passaient l'appartement au peigne fin.

À Cannes, un homme a été interpellé au domicile de sa compagne et n'a pas opposé de résistance. Selon une source proche de l'enquête, il connaissait l'homme tué à Strasbourg. Ce dernier possèderait d'ailleurs son logement principal à Cannes. Quatre perquisitions ont été menées au cours desquelles ont notamment été retrouvés des «testaments» et «une liste d'associations israélites», a indiqué François Molins. Samedi en début de soirée, on apprenait qu'une autre personne avait été interpellée dans la ville dans l'après-midi.

L'arrestation en région parisienne a été plus mouvementée, puisque l'homme était menaçant et «dangereux», selon la police. Il n'a toutefois pas fait usage de son arme.

Les précisions sur les autres arrestations ne sont pas, pour l'heure, connues.

Source : Lefigaro.fr / AFP

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