Un évènement bouleversif qui agite le microcosme politico-médiatique:

Bernard-Henry Levy, qui avait voté pour le socialiste, considère qu'il est temps que le chef de l'État prenne exemple sur Nicolas Sarkozy dans sa gestion du conflit libyen.

Syrie, BHL «Je suis déçu par Hollande.»

Les critiques du  philosophe français Bernard-Henri Lévy sur la gestion du dossier syrien par le président de la République sont implacables. Deux mois après avoir déclaré qu'il fallait «chasser» Bachar el-Assad, François Hollande «n'a pas fait ce qu'il avait promis le 29 mai», regrette l'intellectuel dans une interview au Parisien.

Bernard-Henri Lévy aurait voulu que celui pour qui il a voté en mai dernier s'empare de la question syrienne efficacement. «Mais là, devant ce qui restera peut-être comme la grande épreuve historique, politique, morale, du quinquennat, cet attentisme, ce flot de bonnes paroles sans effet, ce n'est plus possible», déclare-t-il.

«Il manque un pilote dans l'avion»

Face aux veto russe et chinois, BHL préconise de «passer outre». À l'image de Nicolas Sarkozy, que le philosophe avait qualifié de tenace, déterminé et courageux pour son engagement dans la résolution de la crise en Libye. Le philosophe rappelle que, le 10 mars 2011, devant l'éventualité d'un veto du couple russo-chinois soulevé par les représentants libyens lors d'une réunion à l'Élysée, Nicolas Sarkozy avait déclaré: «On fera comme au Kosovo. Avec les Britanniques, la Ligue arabe et certains États africains, on passera outre.»

Selon l'intellectuel, la présidence du Conseil de sécurité que la France a prise mercredi arrive au bon moment. «On va voir ce que Fabius en fera. L'histoire n'est jamais complètement écrite, vous savez. Et il n'est pas rare qu'une parole, une simple parole, si elle est inspirée et forte, crée un électrochoc mondial et touche la conscience universelle. Y compris, pourquoi pas, la conscience chinoise ou russe. Attendons, espérons.»

Mais si les discours ne sont pas suffisants, «les plans d'attaque sont prêts, admet-il. Il ne faut pas grand-chose, chacun le sait, pour donner le coup de grâce au régime. Il manque juste un pilote dans l'avion. Et, même si les avions sont turcs, le pilote peut et doit être français.»     

Source : Gary Assouline - Le Figaro.fr

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