Près d'un mois après le meurtre de deux militaires français en mission contre des orpailleurs clandestins en Guyane, la tension est vive dans la zone où sont recherchés les suspects. Samedi soir 21 juillet 2012, un véhicule de tourisme a été la cible de tirs sur la Route nationale (RN2) reliant Régina à Saint-Georges de l'Oyapock, à la frontière du Brésil, ce qui a conduit les autorités à renforcer le dispositif de sécurisation sur cette voie de passage des chercheurs d'or et des immigrés clandestins.

Une voiture de tourisme qui circulait dans le sens Régina (110 km de Cayenne, est de la Guyane) Saint-Georges de l'Oyapock, a croisé sur sa route deux hommes qui lui ont fait signe de s'arrêter. Selon le procureur de la République de Cayenne, Ivan Auriel, «les passagers du véhicule ont décidé d'accélérer et de ne pas s'arrêter, et ont été la cible d'un tir d'arme à feu». «Les passagers ne se sont pas rendu compte tout de suite qu'ils avaient essuyé un tir», a poursuivi le procureur, ajoutant que «c'est en voyant le moteur de leur véhicule chauffer qu'ils ont compris». Les touristes ont finalement réussi à atteindre Saint-Georges de l'Oyapock.

Le dispositif de sécurisation de la zone est renforcé

Dès dimanche, la gendarmerie a donc modifié son dispositif de sécurisation de cette portion de route sinueuse de 80 km, en pleine forêt et sans habitation, qui conduit à Saint-Georges de l'Oyapock. «Tout véhicule privé sera accompagné sur cette route avec un véhicule de gendarmerie devant lui et un second derrière», a annoncé la préfecture. Depuis dix jours, trois barrages de contrôle ont été mis en place par la gendarmerie autour de la commune de Régina afin de retrouver la bande soupçonnée d'avoir tué à l'arme de guerre deux militaires français, le 27 juin à Dorlin, lors d'une opération de lutte contre l'orpaillage illégal. Trois gendarmes avaient également été blessés, dont deux gravement, lors de cet accrochage.

Haut-lieu de l'orpaillage clandestin

Le procureur Ivan Auriel reste toutefois prudent. Selon lui, les tirs du week-end ne peuvent pas être rapprochés «avec la fuite des auteurs présumés du meurtre des militaires» avant les analyses balistiques. Plusieurs véhicules ont en effet déjà fait l'objet de tentatives de piraterie ou de tirs d'armes à feu sur cette portion de la RN2 qui conduit au Brésil. Ce trajet est constellé de sentiers taillés dans la forêt afin de contourner le poste de contrôle permanent installé à 20 km de Régina, au lieu-dit Bélizon, depuis 2008.

Près de 120 gendarmes, dont des éléments du Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), traquent depuis dix jours une partie de cette bande d'orpailleurs clandestins le long du fleuve Approuague qui passe dans la commune de Régina. Très mobile, en possession d'armes de guerre de calibre 5.56 et 7.62 et d'une quantité d'or indéterminée, cette bande est également soupçonnée de plusieurs crimes dans le milieu de l'orpaillage clandestin en Guyane et au Suriname

Source : AFP et Le Parisien.fr

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