Un adolescent scolarisé dans l'école juive de Toulouse (sud-ouest) où Mohamed Merah avait tué trois enfants et un enseignant en mars, a été violemment agressé mercredi soir 4 juillet 2012 dans un train, provoquant jeudi la consternation de la communauté juive.

Les agresseurs présumés, âgés de 18 ans et d'origine maghrébine, selon une source policière, ont été interpellés jeudi matin à Lyon (centre-est de la France) et placés en garde à vue.

La victime, un adolescent de 17 ans, a été violemment agressée dans le train Toulouse-Lyon.

Selon son témoignage, il a été pris à partie et insulté par l'un de ses agresseurs présumés, alors qu'il téléphonait à son frère, qui a un prénom juif. En revanche, a-t-il précisé au quotidien régional Le Progrès, il ne portait pas d'étoile de David en pendentif, contrairement à ce qui avait été indiqué dans un premier temps.

Il a ensuite été roué de coups par les deux jeunes gens, a expliqué le ministère de l'Intérieur. Seule l'intervention d'un passager et des contrôleurs de la SNCF (Société nationale des chemins de fer français) a pu mettre un terme aux violences, selon la même source.

Pendant la bagarre, seul l'un des deux a fait référence à mon judaïsme, a encore indiqué la victime au Progrès.

Le caractère antisémite de l'agression n'est pas encore avéré, a déclaré jeudi soir une source judiciaire à l'AFP, évoquant des témoignages contradictoires.

Les identités des deux agresseurs, qui avaient été contrôlés dans le train, étaient connues, selon le ministère, mais ils n'avaient pas pu être interpellés à leur descente du train. C'est dans un bureau de recrutement de l'armée, à Lyon, qu'ils ont été arrêtés jeudi matin.

L'émotion concernant cette agression a été d'autant plus vive que l'école Ozar Hatorah, où est scolarisée la victime, a été le théâtre de la dernière des trois tueries commises par le jeune jihadiste français Mohamed Merah, qui avait auparavant tué trois militaires dans la même région. Le 19 mars, il avait ouvert le feu devant l'école, tuant trois enfants et un professeur. Mohamed Merah a été abattu le 22 mars par la police dans l'assaut de l'appartement où il était retranché à Toulouse.

C'est la consternation, l'effroi, a réagi le président de la communauté juive de Toulouse, Ariel Bensemhoun, évoquant un nouvel antisémitisme qui ravage la France.

Incontestablement, l'affaire Merah semble susciter énormément de vocations, a-t-il ajouté. La victime a déjà connu le traumatisme de l'affaire Merah, on est dans une forme d'acharnement qui devient insupportable.

Cette agression survient un mois après une attaque ayant visé de jeunes Juifs début juin à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon. Des jeunes qui portaient la kippa avaient été agressés à coups de marteau et de barre de fer. Quatre participants présumés à l'agression sont poursuivis pour violences aggravées.

Selon le ministère de l'Intérieur, les actes et menaces antisémites ont augmenté de 46% de janvier à avril 2012 par rapport à l'an dernier. Mais après un point culminant en mars, la tendance des autres mois est stable.

Jeudi, le ministère s'est à nouveau dit déterminé à combattre toutes les résurgences de ce mal profond qu'est l'antisémitisme.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait état de sa condamnation la plus ferme de cette agression. Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) a aussi condamné avec la plus grande vigueur cette agression antisémite.

Source : AFP et Romandie.com

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