Sur fond de retrait d'Afghanistan et de réduction d'effectifs de l'armée...
Le général (2S) Delochre interpelle Martine Aubry

Le général (2S) Jean-François Delochre
Président national de l’Épaulette
à
Madame Martine Aubry
Première secrétaire du parti socialiste

Madame la Première secrétaire,
Le 29 mai 2012, sur le plateau de BFM/TV, en réponse à une question de Jean-Jacques Bourdin concernant la compensation des 60 000 postes dont la création dans la fonction publique est envisagée par le Gouvernement, vous vous êtes exprimée en ces termes : « Il y a un accord avec l'armée - nous y avons beaucoup travaillé - pour réduire l'armée. »

Vous comprendrez qu’en tant qu’association d’officiers regroupant plus de 6 000 adhérents dont près de 3 500 sont d’active, ces perspectives puissent nous troubler ; d’autant plus qu’un nombre croissant d’officiers sous contrat font partie de nos membres.
Vos propos nous surprennent à deux titres.

Tout d’abord, ils n’émanent ni du Président de la République, François Hollande, chef des armées, ni du Premier ministre, responsable de la Défense pas plus qu’ils n’ont apparemment la caution du Ministre de la défense. En effet ce dernier, monsieur Le Drian, qui n’était encore que responsable du pôle défense de l’équipe de campagne de monsieur Hollande, nous a reçus le mercredi 2 mai 2012 et nous a confirmé qu’il n’était pas envisagé d’aller au-delà de la déflation programmée dans le cadre de la RGPP (54 000 postes dont 30 000 ont déjà été « rendus »).

Enfin, l’expression « l’armée » dans votre bouche ne correspond pas à un vocabulaire de spécialiste du domaine et sonne faux aux oreilles d’officiers de l’armée de Terre, de la Gendarmerie et des Services communs que nous sommes. Elle nous inquiète d’autant plus qu’elle intervient après ce qui aurait été un long travail sur ce sujet régalien.
Aussi, face à ce qui nous apparaît comme deux fausses notes, nous vous serions obligés si vous pouviez nous éclairer sur ces points :

  • Quelle légitimité faut-il accorder à vos affirmations alors que vous n’êtes pas en responsabilité gouvernementale ?
  • Quels ont été les organismes de « l’armée » avec lesquels vous auriez « beaucoup travaillé » pour mettre en coupe, apparemment réglée, la dite armée ?
  • Y-a-t-il, au-delà de cette affirmation imprécise, des chiffres et des échéances ainsi qu’une approche cohérente de l’organisation et des nouvelles missions qui découleraient de cette réduction ?

La période électorale qui se prolonge jusqu’au 17 juin 2012 nous semble particulièrement propice au recueil d’informations déterminantes dans le choix de nos votes. Aussi nous attendrons avec impatience et intérêt les éléments de compréhension que vous voudriez bien nous faire parvenir et que nous communiquerons à nos adhérents.

Soyez assurée, madame la Première secrétaire, de toute notre considération.

Général Jean-François Delochre

Copies adressées à :

  • Monsieur le Ministre de la Défense - 14, rue Saint-Dominique - 75700 - Paris SP 07
  • Monsieur le Général chef d’état-major de l’armée de Terre - 4, rue Saint-Dominique - 75700 - Paris SP 07
  • Monsieur le Général (2S) Président de la Saint-Cyrienne et du comité d’entente - 6, avenue Sully-Prudhomme


* * *