François Hollande salué par 21 "coups de canon américains"

Le protocole de la République a été scrupuleusement respecté lors de la passation de pouvoir à l'Elysée. Vingt-et-un coups de canon ont été tirés, place des Invalides à Paris, en l'honneur du nouveau chef de l'Etat.

Mais ces 21 coups à blanc de 75 mm étaient de fabrication américaine (C025 cartridge 75 MM blank M337A2, conditionnés dans des étuis cylindriques en carton rigide)..

Voici pourquoi :

L'usage voulait que les canons utilisés soient ceux en dotation dans l'artillerie, pour bien montrer que c'est l'armée actuelle qui salue et se soumet ainsi à son nouveau chef. Problème : depuis le retrait des canons de 105 mm, on ne fabrique plus de "douilles à blanc" pour les canons de 155 mm actuels. Que faire pour maintenir la tradition ? L'idée fut d'aller chercher les deux derniers canons de 75 mm en état de tirer, qui sont au musée de l'Artillerie de Draguignan (Var). Ce sont des armes historiques : c'est ce canon qui était développé secrètement au moment de l'affaire Dreyfus et c'est lui qui s'illustra durant la première guerre mondiale ou durant le bataille de Bir Hakeim. Les derniers furent utilisés durant la guerre d'Algérie. Ce canon modèle 1897 à tube en acier et à recul jugulé permet de tirer de manière très précise et très rapide (jusqu'à 20 coups/minute).

Nouveau problème : si on avait les canons, il n'y avait plus de "douilles à blanc" permettant les salves d'honneur. Il fallut aller en acheter aux Etats-Unis. En 1917, l'armée américaine s'était équipée de canon de 75 français et ces pièces sont toujours utilisées pour les cérémonies dans les régiments d'artillerie de l'US Army. Et une usine continue de fabriquer les munitions nécessaires. C'est finalement l'entreprise Nexter (ex-Giat) qui finança l'achat par mécénat pour le musée de l'artillerie - ou l'EMAT, selon d'autres sources -...  Et voilà pourquoi on peut encore tirer au canon lors de l'investiture du Président !

Il ne s'agit d'ailleurs pas d'une reconstitution historique puisque les servants des deux pièces sont en grand uniforme d'aujourd'hui. Cette tradition des salves d'artillerie remonte à l'époque où, pour montrer ses intentions pacifiques, il fallait "vider les tubes" avant l'arrivée du souverain - ou, dans la Marine, lorsqu'un bateau se présentait devant le port.

Ces salves sont donc un salut de paix, autant que de soumission. Un peu comme le salut militaire : en portant sa main bien visible au niveau de la tempe droite, le militaire montre qu'il n'est pas armé.

Le nombre de coups, 21, est fixé par le protocole de la République. Mais lors de la visite de la Reine d'Angleterre, il est possible de tirer une "multitude" de coups de canons - 101 en l’occurrence.  

Source : Jean Dominique Merchet - Secret Défense

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Ndlr : Voilà bien des histoires !
Si on veut s'envoyer un "canon" bien français,
moi, je connais la solution :
Faut s'approvisionner en Bourgogne ou à Bordeaux...

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