Résistance : Mort de Raymond Aubrac - Hommage pour son dernier maquis
Par PC le jeudi 12 avril 2012, 06:50 - Actualité - Lien permanent
Son
quasi-siècle de vie fut un roman, traversé par les ombres de la guerre et
marqué par l’esprit de résistance à toutes les oppressions.
«Résister, c'est réagir face à l'injustice, donc agir »
Toute une vie d'engagement
Cofondateur du mouvement « Libération Sud », Raymond Aubrac
était le dernier survivant des responsables de la Résistance
réunis et arrêtés par Klaus Barbie le 21 juin 1943 à Caluire,
près de Lyon, avec Jean Moulin, le chef du Conseil national de la Résistance
(CNR).
"La Résistance ? De petits gestes et quelques
aventures"
En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant
René Hardy (décédé en 1987 à Melle, dans les Deux-Sèvres), accusé d'avoir livré
Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute.
Sa légende est indissociable de celle de Lucie, sa femme, épousée en 1939 et
disparue voici cinq ans. Héroïne de la Résistance, hissée au rang de mythe,
cette intellectuelle avait libéré son époux les armes à la main lors d'un
transfert de prisonniers en octobre 1943. Cet épisode est au centre des films
de Jean-Pierre Melville L'Armée des ombres (1969) et de Claude Berri, Lucie
Aubrac, sorti en 1997, avec Carole Bouquet dans le rôle de l'héroïne. Recherché
par la Gestapo, le couple est parti pour Londres. Raymond a gagné Alger ensuite
où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative, en juin 1944. A la
Libération, il est promu commissaire régional de la République à Marseille,
responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la
Reconstruction avant d'entreprendre une longue carrière de haut fonctionnaire
international.
Né Raymond Samuel, le jour de l'assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, quelques heures avant le début de la Première Guerre mondiale dans une famille de commerçants juifs de Vesoul, Raymond Aubrac a perdu ses parents dans les camps d'extermination nazis. Cet ingénieur de formation, profondément patriote et républicain, fut longtemps compagnon de route du Parti communiste. Citoyen très actif, il s'est rendu des années durant dans les collèges et les lycées de France en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance. « Je ne supporte pas la solitude après 67 ans de vie commune. Alors quand je me suis retrouvé seul, j'ai été heureux d'avoir des invitations de scolaires qui me donnaient le sentiment d'être encore un peu dans la vie », expliquait en 2010 Raymond Aubrac à « La Nouvelle République » lors de l'inauguration d'un établissement portant son nom dans cette ville.
« Résister ? C'est essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui
nous entoure. Et quand on a le sentiment qu'on est devant une injustice, c'est
réagir à l'injustice, et ne pas se contenter de la constater mais essayer de
faire quelque chose. Pour moi, ajoutait-il, c'est ça la Résistance, ça couvre
des petits gestes et aussi quelques aventures. » Grand-croix de la Légion
d'honneur, croix de guerre 39-45, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac
avait publié en 1996 son autobiographie, Où la mémoire s'attarde.
L'ère du soupçon et le poison de la calomnie
Peut-on en finir avec Caluire ? Cinquante après ces événements, et en dépit de
deux procès intentés contre René Hardy, participant à la fatidique réunion et
principal suspect, voici que surgit au printemps 1997 un ouvrage réorientant
les soupçons vers les époux Aubrac. Journaliste lyonnais et historien de
circonstances, Gérard Chauvy s'appuie sur un texte de 63 pages condensant les
vénéneuses confessions de Klaus Barbie, jugé dix ans plus tôt à Lyon et mort
dans l'intervalle. Le bourreau y désigne sa victime, précédemment arrêté par la
Gestapo comme agent double. Une commission d'historiens incontestables
dissipera cette calomnie posthume. Les époux Aubrac obtiendront d'autre part la
condamnation de son propagateur pour diffamation sans jamais chercher à
exploiter cette réparation judiciaire.
Souvenir - Flamme
La flamme de la Résistance qui les animait c'était cela aussi. Ces visites
réitérées auprès des collèges et des lycées, les débats sans hauteur et de
plain-pied avec les élèves, leurs parents parfois et et leurs enseignants. A
vingt reprises peut-être les époux Aubrac, puis Raymond seul ces dernières
années, sont passés par le Berry, le Poitou ou la Touraine où un établissement
porte leur nom à Luynes. La NR l'interrogeait voici deux ans sur son ralliement
à la Résistance. « Je n'ai pas vraiment l'impression d'y être entré », estimait
Raymond Aubrac, qui ne semblait pas disposé à en sortir.
Source : La nouvellerepublique.fr
* * *
Raymond Aubrac, créateur du service français de déminage
On sait peu que le résistant fut à la fin de la guerre responsable du
déminage du territoire, truffé de mines antipersonnel et
d'obus.
C'est un aspect peu connu de la carrière du résistant Raymond Aubrac que nous
rappelle le lieutenant-colonel Florent Hivert, officier de communication à la
Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, qui
dépend du ministère de l'Intérieur.
À la Libération, Raymond Aubrac avait occupé d'importantes
fonctions et fut notamment le fondateur à la fin de la Seconde Guerre mondiale
du service de déminage de la Sécurité civile. Durant la remontée victorieuse
des troupes alliées vers l'Allemagne, le génie militaire pouvait à peine
traiter les engins laissés par les troupes en retraite. Ce sont donc des
démineurs civils qui en furent chargés, après le passage des troupes. Raymond
Aubrac dirigea cette mission. Il fallut des années de dépollution pour nettoyer
le plus gros des sites infestés par les bombes non explosées, les stocks
dispersés de munitions inutilisées, et bien sûr les plages truffées de mines
antipersonnel. On se souvient que les prisonniers allemands furent souvent
affectés à ces tâches meurtrières et qu'ils furent très nombreux à y laisser la
vie.
13 millions de mines détruites en 1947
Ainsi que le rappellent les héritiers de ces opérations, le service de déminage
est mis en place le 21 février 1945 au sein du ministère de la Reconstruction
et de l'Urbanisme. Il est dirigé par Raymond Aubrac sous l'autorité de Raoul
Dautry. À cette occasion, le jeune résistant a été nommé inspecteur général,
responsable des opérations de déminage sur l'ensemble du pays. 3 200
volontaires français et 48 500 prisonniers de guerre allemands sont alors
affectés à cette tâche colossale. À la fin de l'année 1947, les travaux de
neutralisation des champs de mines connus et répertoriés sont considérés comme
terminés. À cette époque, près de 13 millions de mines réparties sur 4 757 km2
de terrain ont été détruites ainsi que plus de 16 millions d'obus, bombes et
autres munitions non explosées.
Le bureau du déminage de la Sous-direction des moyens nationaux de la Direction
générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises poursuit aujourd'hui
cette mission. En 2011, 603 tonnes de munitions ont été collectées et détruites
par les 305 démineurs de la Sécurité civile.
Qui est le plus jeune ?
Dans son ouvrage Où la mémoire s'attarde (Odile Jacob, 1996), Raymond Aubrac
évoque ainsi sa nomination : "Rentrant un jour du conseil des ministres, Raoul
Dautry réunit ses directeurs et les commissaires présents à Paris. Nous avons,
nous dit-il, une nouvelle tâche. Les militaires veulent être déchargés de la
responsabilité du déminage (...). Il faudra, à la cadence actuelle, dix ans et
une centaine de milliards, disent-ils. Tous leurs moyens sont consacrés à la
poursuite de la guerre. Or l'enlèvement des mines est, nous le savons bien, un
préalable à la reconstruction. J'ai donc accepté cette responsabilité. Qui de
vous, messieurs, est volontaire pour s'en occuper ? Un grand silence répondit
au ministre. Le déminage faisait peur. Il ne se passait pas un jour sans que
l'on apprenne par la presse que les mines avaient fait de nouvelles victimes,
souvent des enfants. Et nos propres activités militaires ne nous avaient guère
accoutumés à ces engins.
Bien, dit le ministre. Je vois. Qui d'entre vous est officier du génie ? Nous
levâmes tous la main puisque nous étions tous officiers de réserve dans cette
arme. Alors, demanda Raoul Dautry, qui est le plus jeune ? Cette fois je fus le
seul à lever la main. C'est ainsi que le sort me désigna."
Source : Lepoint.fr - Jean Guisnel
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- La seconde guerre mondiale 1939-1944 sur FNCV.com
- Le débarquement du 6 juin 1944
- Grand Combattant Volontaire : Maurice Chauvet du commando Kieffer
- Chant de la Libération : Le Chant des Partisans
- Ici Londres... L'Appel du 18 juin du Général de
Gaulle
- Le Mémorial du Mont Valérien - Suresnes - 92
- L' Hôtel National des Invalides - Paris - 75
- Un malgré nous : Eugène Wendling - Les volontaires sur FNCV.COM
- Cérémonies du 8 mai 2009 : Le président Sarkozy rend hommage à l'Armée d'Afrique - Débarquement de Provence 1944
- 8 mai 1945 : Armistice de la seconde guerre mondiale
- La Légion d'honneur : Les décorations sur FNCV.COM
FNCV.Combattants.Volontaires
Commentaires
Une omission dans ce panégyrique : Mr Samuel est entré en résistance APRES que le Reich eut envahi l'URSS. Avant ça ne le génait pas trop de voir la France à genoux, du moment que à plaisait à Staline.
J'aurais beaucoup à dire sur les résistants, mais la recette de cuisine ne serait pas loin. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire....pas encore.
Entre 1940 et 1945 j’étais trop jeune pour connaitre la résistance et les résistants….d’après les dires de mon père (Marine Nationale) et de mon oncle (Corps Franc) une certitude, à la libération beaucoup de petits collabos ont arboré le brassard des FFI….du pas jolie, jolie…..vrais que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.
Bref, ne le connaissant pratiquement pas, je ne critiquerais donc pas Raymond Aubrac, je laisse le soin à ceux ou celles qui l’ont connu et aux historiens de le faire……
Encore un héros à la française bien décoré:
""Lorsque le dirigeant communiste Hô Chi Minh vint en France en 1946, il fut hébergé par les Aubrac à la demande de Jacques Duclos. ""
""De Gaulle va le virer sans ménagement et sans explication""pour que le grand le vire ça devait sentir un peu !!!!
Dans les commentaires ça n'a pas l'air de gêner certains,dans la pure tradition rouge des porteurs de valises.
Un article ici par pour éclairer
http://www.marianne2.fr/blogsecretd...
Quelle France pourrie !!!
3
MERCI
J'ai horreur des héros à la gomme que la racaille journalistique nous impose en nous prenant pour des cons sans cervelle et sans .....mémoire
J'ajouterai que Môssieur Jacques Duclos figurait en bonne place (avec l'ouvrier de chez Messerschmidt, et d'autres de la CGT) sur la liste des personnalités du PC établie par l'état major de Staline pour héberger des troupes spetmatz (sabotages et émeutes) en vue de l'invasion de la France par les troupes du pacte de Varsovie.
Je pense que Môssieur Samuel n'a pas sa place ici. Bien sûr c'est un sentiment personnel et entrant dans le "l'anticommunisme primaire", tel que défini par Sartre et Sagan.
Georges Marchais a lui aussi travaillé chez Messerschmidt