La Justice se réveille enfin et condamne des racketteurs d'enfants !

Insultes, menaces, échauffourées.
Les débats ont été mouvementés mardi 24 janvier 2011 au tribunal de Beauvais (Oise). L’escorte de gendarmerie a éprouvé toutes les peines du monde à contenir les ardeurs de Farid Akabli et Mamoudou Niang. Poursuivis pour un vol aggravé sur la ligne SNCF Paris-Creil, les deux Creillois ont écopé de cinq mois de prison ferme.

Les faits reprochés aux deux hommes de 20 ans et 19 ans remontent à samedi 21 janvier 2011, au lendemain d’une vaste opération de police visant précisément à sécuriser les lignes SNCF qui desservent la gare de Creil. Alors qu’ils rôdent dans le hall de la gare de Clermont, Akabli, Niang et un mineur repèrent deux adolescents. Ils leur emboîtent le pas et embarquent dans la même rame.

Plus âgés, plus grands, les deux Creillois bombent le torse, jouent les durs et intimident les deux ados. « A la gare, l’un d’eux m’avait fixé du regard. J’ai pris ça comme un affront et je me suis vengé, reconnaît Mamoudou Niang. Je me suis assis à côté de lui, je lui ai demandé d’où il était et je lui ai pris les 35 € qui se trouvaient dans sa sacoche. Celui qui était en face avait tellement peur qu’il n’a pas bougé. »

Mais le racket ne s’arrête pas là. Sous la menace, les deux voyageurs se font également dérober un baladeur, un smartphone et une doudoune. « La doudoune et l’iPod, je ne les ai pas volés, clame Farid Akabli. Je les ai simplement trouvés sur une banquette. Quelqu’un avait dû les oublier alors je les ai pris… » Reste que les victimes sont formelles : en aucun cas il ne s’agit d’un oubli. La preuve : dès qu’ils descendent du train, à la gare de Rantigny, les deux ados alertent la gendarmerie et transmettent le signalement de leurs agresseurs. « La police nous attendait à la gare de Creil, glisse Niang. Vu que je venais de commettre un délit, j’ai tout de suite compris qu’ils étaient là pour moi. On n’a même pas essayé de fuir et on est allé directement vers eux. »

Hier, les deux prévenus ont été incarcérés dès l’issue de l’audience. Un signe fort souhaité par la justice. « Ce genre de faits est trop fréquent sur les lignes desservant la gare de Creil », a insisté le substitut du procureur.

Source : Le Parisien.fr

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