«Une contre-révolution» selon le Premier ministre

Les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants dans le centre du Caire ont fait huit morts et 300 blessés vendredi, selon un bilan diffusé samedi 17 décembre 2011 par le ministère de la Santé. Un précédent bilan faisait état de 3 morts et 257 blessés. Les forces de l'ordre ont repris le contrôle samedi tôt dans la matinée des abords du siège du gouvernement, où les violents affrontements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

D'importants effectifs de soldats et de policiers ont barré les accès au secteur de la place Tahrir, en déployant notamment des barbelés à proximité. Après quelques heures de calme, des heurts sporadiques avaient déjà repris dans le courant de la matinée avec des groupes de manifestants jetant des pierres et des cocktails molotov.

«Ceux qui sont à Tahrir ne sont pas les jeunes de la révolution», a affirmé le Premier ministre Kamal el-Ganzouri lors d'une conférence de presse, en allusion à la révolte qui a débouché sur la chute de Hosni Moubarak. «Ce n'est pas une révolution, mais une contre-révolution», a-t-il dit en référence aux accrochages. Le chef du gouvernement a indiqué que 18 personnes avaient été blessées par balles, mais a assuré que ni la police ni l'armée n'avaient ouvert le feu. Il a mis en cause des «éléments infiltrés» qui «ne veulent pas de bien à l'Egypte», sans être plus précis.

«A bas le Conseil militaire», scandent les manifestants

Les affrontements avaient débuté vendredi matin entre les forces de l'ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination par l'armée d'un Premier ministre, Kamal el-Ganzouri, qui fut déjà chef du gouvernement sous le président déchu Hosni Moubarak. Les manifestants ont scandé des slogans hostiles au Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays, et au maréchal Hussein Tantaoui, chef d'Etat de fait: «Le peuple veut l'exécution du maréchal», «A bas le Conseil militaire», ou «Rentrez dans vos casernes».

Ces heurts sont survenus alors que le pays est engagé depuis le 28 novembre 2011 dans des élections législatives, jusqu'à présent largement dominées par les formations islamistes. Ce sont les violences les plus importantes depuis des affrontements entre manifestants anti-armée et forces de l'ordre qui avaient fait 42 morts en novembre dans le même quartier du Caire, quelques jours avant le début du scrutin.

Source : LeParisien.fr et AFP 

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