Nos centrales nucléaires sont-elles sûres ?

Faut-il placer les centrales nucléaires EDF sous surveillance militaire ?

Des militants de Greenpeace sont parvenus à s’infiltrer dans plusieurs centrales nucléaires. Ils voulaient prouver que les centrales françaises « ne sont pas sûres ».

En plein débat sur le nucléaire, Greepeace frappe fort ! L’organisation écologiste, coutumière des « opérations commandos » sur la planète, indiquait hier matin dans un communiqué que ses militants étaient cachés dans plusieurs centrales, sans les nommer, et qu’ils parvenaient « à se déplacer sur ces sites sans être repérés par les forces de sécurité et les systèmes de surveillance ».
EDF a démenti un peu plus tard ces affirmations, assurant que la centrale de Nogent-sur-Seine était la seule où il y avait eu « trace d’intrusion ». Info ou intox ? Greenpeace maintenait lundi avoir des militants « présents » mais « pas repérés » sur un autre site nucléaire que celui de Nogent-sur-Seine.
Interrogé sur France Info, le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a avoué sa surprise et évoqué de possibles « dysfonctionnements ». Le ministère de l’Intérieur, Claude Guéant, a, pour sa part, ordonné une fouille « approfondie » de toutes les centrales et installations nucléaires du pays. Interpellé sur le sujet lors d’une conférence de presse sur la crise au côté d’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy a qualifié l’action des militants « d’assez irresponsable ».

EDF et le directeur du site de Nogent-sur-Seine ont minimisé l’importance de l’intrusion, déclarant que l’équipe de Greenpeace avait été « immédiatement détectée par le dispositif de sécurité » et que l’intrusion n’avait eu aucune conséquence sur la sécurité des installations. « Ils ont été repérés par les alarmes dès qu’ils ont cisaillé le premier grillage… Tout s’est passé conformément aux procédures […]. Les militants sont toujours restés en dehors de la partie industrielle de l’installation. Ils sont restés à l’extérieur des bâtiments », a martelé le directeur du site, Hervé Maillart. « La réaction a été proportionnée au degré de danger. On avait repéré que c’était des militants de Greenpeace pacifistes », a-t-il ajouté, soulignant que toutes les interpellations s’étaient faites « dans le calme ».
Quatre centrales visées

La gendarmerie nationale a fait état lundi matin de tentatives d’intrusion dans les sites nucléaires du Blayais (Gironde), de Chinon (Indre-et-Loire), ainsi qu’au centre de recherches nucléaires du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache (Bouches-du-Rhône). Par ailleurs, un homme a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi près de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) avec une corde et une banderole. A Chinon et au Blayais, EDF a annoncé que des banderoles avaient été déployées et « immédiatement retirées », sans préciser si c’était à l’intérieur ou à l’extérieur des sites. A Nogent-sur-Seine, « une partie des militants a réussi à grimper sur le dôme de l’un des réacteurs, où ils ont déployé une banderole : “le nucléaire sûr n’existe pas” », a précisé Axel Renaudin, chargé de communication de Greenpeace.

A la limite on peut dire "merci Greenpeace"... *

« A ce jeu du chat et de la souris entre autorités qui disposent de moyens colossaux et des citoyens non-violents utilisant des méthodes très simples, il n’y a qu’un seul vrai perdant : le citoyen, qui se pensait à l’abri avec les centrales nucléaires présentées comme les plus sûres du monde », a déclaré Sophia Majnoni, chargée de la campagne nucléaire chez Greenpeace. Un argument partagé par plusieurs dirigeants écologistes. « L’intrusion de militants antinucléaire sur des sites leur donne raison en apportant la preuve qu’il n’y a pas de sécurité totale dans les centrales », a estimé le député maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Bègles (Gironde), Noël Mamère. « Les fameux stress-tests effectués sur les centrales ne sont que des écrans de fumée puisqu’ils ont exclu tout ce qui relève des intrusions extérieures, du terrorisme et du crash d’un avion », a-t-il ajouté. Cécile Duflot, numéro un d’EELV, a remercié les militants de Greenpeace d’avoir mené un « audit gratuit » sur la sûreté nucléaire en s’introduisant dans la centrale de Nogent-sur-Seine. Ces militants « ont ainsi démontré les défaillances de nos centrales, ouvertes comme des moulins à vent », écrit la secrétaire nationale de EELV dans un communiqué.

Championne du monde de l’atome, la France tire 75 % de son électricité de son parc de 58 réacteurs nucléaires.

Source : Francesoir.fr

Ndlr FNCV : "A la limite on peut dire merci Greenpeace..." propos tenu par Bruno SIDO sénateur UMP, rapporteur du "Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire". Bruno SIDO a aussi évoqué ce que l'on pourrait imaginer, si à la place d'un commando pacifiste d'écologistes, on avait des terroristes [ndlr : islamistes... ?]
Source : Le 22h, journal de la chaîne LCP

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