Au moins 150 personnes ont été tuées depuis vendredi 4 novembre 2011 à Damaturu au cours d'une série d'attaques visant des postes de police et des églises, revendiquées par la secte islamiste Boko Haram.
 
Vendredi, une voiture piégée a explosé devant un bâtiment utilisé par l'armée à Damaturu, dans le nord-est du Nigeria. De nombreux agents de sécurité ont été tués, selon un responsable de la Croix-Rouge nigériane. Puis les assaillants ont fait exploser une succursale de la banque First Bank PLC et attaqué au moins trois postes de police et six églises dans le quartier chrétien de la ville. Les violences se sont poursuivies dans la nuit de vendredi à samedi, au cours de laquelle des hommes armés ont effectué un raid dans le village de Potiskum, près de Damaturu, faisant au moins deux morts, selon des témoins. Le bilan provisoire de l'ensemble des attaques est de 150 morts.

Au lendemain de la vague attentats qui a touché Damaturu, les habitants ont commencé à sortir de leurs maisons, découvrant les dégâts, notamment des véhicules de l'armée et de la police brûlés, avec les corps calcinés des conducteurs morts sur leurs sièges. Un avocat cherchant un ami disparu s'est rendu à l'hôpital de la ville et a affirmé avoir compté 60 corps à la morgue. Un responsable du gouvernement local évoque quant à lui une centaine de blessés accueillis à l'hôpital. La police a été placée en état d'alerte. Des barrages ont été installés par des soldats et policiers dans plusieurs quartiers de la ville.

Les islamistes veulent poursuivre leurs attaques

Samedi, un porte-parole de la secte islamiste Boko Haram, Abul-Qaqa, a revendiqué ces attentats dans un appel au Daily Trust, journal de référence dans le nord musulman du Nigeria. «Nous continuerons à attaquer les représentations du gouvernement fédéral jusqu'à ce que les forces de sécurité cessent leurs exactions contre nos militants et les civils vulnérables», a-t-il affirmé.

Pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 160 millions d'habitants, le Nigeria est en proie à de fortes tensions religieuses et ethniques. Le pays est profondément divisé entre le Sud majoritairement chrétien et le Nord musulman, où une dizaine d'Etats appliquent la charia, la loi islamique. Boko Haram, dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un sacrilège» en langue haoussa, parlée dans le nord du pays, veut instaurer un Etat islamique au Nigeria.

Le mouvement a notamment revendiqué la responsabilité d'un attentat à la voiture piégée devant le siège des Nations unies dans la capitale Abuja le 26 août, qui a fait 24 morts et 116 blessés. Boko Haram s'est fait connaître au plan national en 2009, quand ses militants ont brûlé des postes de police près de son fief de Maiduguri, dans le nord-est du pays. L'armée nigériane a violemment répliqué et les combats ont depuis fait quelque 700 morts.

Source : Figaro.fr et AFP

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