Après cinq mois de guerre, les insurgés marquent enfin des points.

Tripoli : Les insurgés marquent enfin des points contre Kadhafi

Depuis quelques jours, la situation sur le terrain évolue favorablement pour les insurgés, qui continuent de bénéficier du soutien de l'OTAN. Pour les Occidentaux, Français en particulier, la guerre de Libye est entrée dans son sixième mois, vendredi dernier.

Ce dimanche 21 août 2011, les combats se rapprochent de la capitale Tripoli, qui est une vaste agglomération de plus d'un million d'habitants. Elle s'étend sur près de 80 km d'est en ouest et une quinzaine du nord au sud. Il est possible que le colonel Kadhafi ait déjà quitté la capitale.

L'offensive - baptisée opération Sirène - est menée par les insurgés du djebel Nefoussa, une zone montagneuse au sud-ouest de la capitale, fief des rebelles. Le rôle que la tribu des Zintan joue semble important, même s'ils ne sont pas seuls. Les Zintan sont des Arabes (et non des Berbères) qui ont rompu avec le régime dans les années 1990. C'est une tribu connue pour sa résistance aux Italiens durant la période coloniale. Dans l'ouest du pays, la stratégie des insurgés consiste à s'appuyer sur la population des villes (et maintenant des quartiers) qu'ils conquièrent en faisant appel à des troupes de ces secteurs. Ils jouent ainsi à fond une carte essentielle de la scène libyenne : le "localisme".

Selon les insurgés, d'autres combattants seraient arrivés à Tripoli par la mer, en provenance de Misrata. Le fait que le régime de Kadhafi ait perdu complètement la maitrise de la mer, comme celle du ciel, grâce à l'intervention de l'OTAN, aide en cela les rebelles.

Dans l'est du pays, le front est toujours stable autour de Brega - où l'on signale la présence assez visible de forces spéciales françaises et britanniques qui assurent une mission de liaison avec les insurgés, notamment la katiba de Fawzi Boukatif. Dans le sud du pays, des villes se sont ralliées à la rébellion. 

Les jours du régime semblent comptés, même si l'expérience des cinq derniers mois doit nous inciter à la prudence.  Des défections importantes se poursuivent et les négociations - auxquelles participent l'ancien premier ministre Dominique de Villepin - semblent préparer une issue politique.

Source : Jean Dominique Merchet  

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