Le général Christophe Gomart a pris la tête du Commandement des Opérations Spéciales (COS), à compter du 1er aout 2011. Il succède au général Frederic Beth, qui rejoint la DGSE.

Le COS que va trouver cet été le général Gomart n'a plus grand chose à voir avec celui d'il y a deux ans, au moins sur le plan du moral des troupes. En 2009, les forces spéciales s'interrogeaient sur leur raison d'être : elles se sentaient exclues des principales opérations, en particulier l'Afghanistan qu'elles avaient quitté début 2007, lors de la fin de l'opération Arès. Deux ans plus tard, le COS est présent sur tous les fronts et il y est employé pour ce qu'il sait faire, c'est-à-dire des opérations spéciales.

L'Afghanistan, d'abord, avec au total environ deux cents hommes. Un groupement est mis pour emploi auprès du général commandant le dispositif français. Le COS est revenu sur le théâtre début 2010, à la suite de la capture des deux journalistes français. Son retour avait alors été tenu secret, mais la mort de deux commados-marine a été rendue publique. Ce GFS (groupement des forces spéciales) n'est pas intégré au dispositif américain, particulièrement actif, qui traque les chefs insurgés. D'autres membres du COS sont intégrés dans les états-majors, participent à la formation des afghans ou appartiennent au détachement d'hélicoptères.

Le Sahel, ensuite. Le COS est présent dans plusieurs pays, notamment la Mauritanie et le Burkina, avec quelques éléments au Niger et au Mali. Le COS participe à la lutte contre AQMI, d'abord en formant les armées nationales. Un groupe est prépositionné à Ouagadougou : c'est lui qui est intervenu en janvier lors de l'enlèvement de deux jeunes Français à Niamey. L'opération se solda par la mort des deux otages : en cela, elle s'est soldée par un échec. Mais sur le plan tactique, son déroulement a impressionné tous les professionnels. Monter en urgence une telle opération en quelques heures et en plein coeur de l'Afrique n'est pas à la portée de n'importe qui. Le patron des forces spéciales américaines (JSOC), l'amiral McRaven, n'a pas manqué de le faire savoir à ses homologues français en se faisant expliquer l'opération. Idem chez les Britanniques. Et ces gens-là ne passent pas pour être des amateurs.

La Libye, également, où des éléments du COS ont été rapidement envoyés pour établir un lien militaire avec les insurgés de Benghazi. Contrairement aux rumeurs et aux fantasmes, ils ne sont pas ailleurs... même si un certain nombre d'entre eux sont sur les bateaux gris.

En Côte d'Ivoire, le COS a été aux premières loges lors des dernières semaines de la présidence Laurent Gbagbo, que ce soit pour exfiltrer des ressortissants français ou donner un coup de main aux troupes de Ouattara.

Les forces spéciales font désormais pleinement leur métier. Comment se sont-elles remises dans le jeu ? En se positionnant différemment au sein des armées, d'une manière sans doute plus coopérative, plus décloisonnée. C'est-à-dire en s'adaptant au terrain - ce qui est bien la moindre des choses pour des forces "spéciales"...

Source : Jean Dominique Merchet

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