Offensive des rebelles dans l'ouest du pays contre les troupes de Kadhafi

La situation étant bloquée dans l’est du pays, c’est donc dans l’ouest que les rebelles ont décidé de porter leur effort afin de marcher vers Tripoli et de renverser le régime du colonel Kadhafi, ce qui mettrait un terme à la guerre civile libyenne, commencée en février 2011, mais aussi à l’opération Unified Protector de l’OTAN, menée selon le mandat de la résolution 1973 des Nations unies, l'ONU.

Ainsi, les insurgés libyens situés dans l’ouest du pays, et qui ont reçu des armes de la part de la France en juin, ont déclenché une offensive le 6 juillet, après en avoir reçu le feu vert de l’OTAN.

Des mercenaires sont faits prisonniers

Cette offensive se déroule en deux mouvements. Le premier, parti du djebel Nefousa, à l’ouest de Tripoli, a commencé par un succès, avec la prise du hameau de Goualich, où des mercenaires venus du Ghana et du Mali auraient été faits prisonniers après d’intenses échanges de tirs. Les objectifs suivants sont les points stratégiques de Bir al-Ghanam, qui ouvre la voie vers la capitale libyenne, et Gharyane, où tiennent garnison les troupes loyalistes chargés de la protection de cette dernière. Là, les avions de l’OTAN y ont déjà détruit 6 véhicules militaires, dont 4 chars.

Le second mouvement est quant à lui parti de l’enclave de Misrata, à 150 km à l’est de Tripoli, restée aux mains de la rébellion malgré plusieurs attaques des forces loyalistes menées au cours de ces dernières semaines. Les insurgés ont progressé vers l’ouest, jusqu’à 8 km de Zliten, ce qui représente environ une cinquantaine de kilomètres. Les affrontements auraient fait 20 tués et 60 blessés.

Le dispositif français évolue

Quant au bilan de l’aviation française pour la période allant du 30 juin au 7 juillet 2011, le nombre de sorties est en recul par rapport au dernier point de situation fourni par l’Etat-major des armées.

Ainsi, 249 missions ont été effectuées (contre 290 la semaine précédente), dont 114 sorties pour des attaques au sol, lesquelles ont permis de neutraliser 50 véhicules militaires, essentiellement dans les secteurs de Brega, Syrte, Misrata et Zlitan, 20 infrastructures (communications, check-points) et une dizaine de systèmes d’artillerie, notamment dans les environs de Tripoli.

Selon des chiffres donnés le 6 juillet par le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, 600 chars et pièces d’artillerie et près de 800 dépôts et bunkers ont été détruits par les avions de l’Alliance atlantique depuis le début de l’opération Unified Protector.

Par ailleurs, le dispositif français a évolué. Alors que cette question est sur la table depuis plusieurs semaines, il semblerait que des avions de l’armée de l’Air seront bel et bien déployés sur la base sicilienne de Sigonella (on ignore encore lesquels). Au niveau naval, les frégates Jean de Vienne et Guépratte ont quitté le théâtre des opérations, lequel a vu l’arrivée du Georges Leygues, disponible après la mission « Jeanne d’Arc » auprès du BPC Mistral. Ce dernier pourrait relever, dans les prochains jours, le BPC Tonnerre, à partir duquel opèrent les Tigre et les Gazelle de l’Aviation légère de l’armée de Terre, l'ALAT.

Enfin, alors qu’il devait intégrer l’opération de lutte contre la piraterie Atalante dans l’océan Indien, l’aviso Lieutenant de vaisseau Lavallée a appareillé de Brest, le 7 juillet au soir, pour rejoindre les côtes libyennes et remplacer la frégate La Fayette. Le bâtiment sera placé sous commandement de l’OTAN.

Source : Zone Militaire

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