La lumière est apparue après 14 ans d'erreur judiciaire ;-)

Abdelkader Assimani et Abderrahim El-Jabri n'avaient pas tué Abdelhaziz Jilhjal, 22 ans, dit « Azouz », de 108 coups de couteau le 21 décembre 1997 à Lunel.

Depuis quatorze ans, ils clamaient leur innocence malgré deux condamnations à vingt ans de prison aux assises. Deux jeunes hommes de trente et trente et un ans ont livré des aveux détaillés et circonstanciés sur cet assassinat perpétré dans un climat douteux de trafic de drogue et de dettes entre opérateurs d'un réseau international de fourniture de résine de cannabis. « Les deux hommes étaient inconnus des services, sauf l'un condamné à trois mois de prison avec sursis pour trafic. Ils n'avaient jamais été entendus par les enquêteurs » explique Brice Robin le procureur de la république de Montpellier (Hérault).

Pendant l'hiver 2007, l'enquête avait été rapidement bouclée sur la foi d'un témoin qui disait avoir vu les deux hommes en compagnie de la victime le soir du meurtre. Le témoignage était peu crédible mais il avait tout de même permis, à l'époque, de conduire les deux hommes en prison pour vingt ans. En 2007, la demande en révision déposée par Abdel Azzimani avait provoqué une nouvelle audition de ce témoin. L'homme avait alors expliqué qu'il s'était trompé sur la présence de l'un des deux. Et accusait alors une tierce personne mise depuis hors de cause.

L'analyse ADN des scellés, notamment dans la Renault 25 du père de la victime a permis de mettre les gendarmes de la section de recherche de Montpellier sur la piste de Michel Boulma, 30 ans, employé de supermarché. Sa trace ADN avait été relevée à trois reprises notamment sous les ongles de la victime. En garde à vue, il a fini par avouer et par désigner le deuxième acteur de cette sauvage tragédie : Bouziane El Helaïli, qui était directeur d'un centre de loisirs à Lunel voici encore deux jours. Pendant quatorze, les deux assassins âgés de 18 et de 20 ans au moment des faits, avaient gardé le silence.

La nouvelle enquête

Le 16 juin 2009, sur la foi des nouvelles déclarations du témoin, Brice Robin ouvrait une nouvelle information judiciaire confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Montpellier.

Douze mois plus tard, le FNEAG, (fichier national automatisé des empreintes génétiques) crachait une nouvelle piste, la bonne celle qui a conduit hier les deux hommes à une mise en examen pour assassinat. En 2001, Assimani et El Jabri avait été condamnés à vingt ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Hérault. Et accessoirement à six années de prison pour trafic de drogue. Ils reconnaissaient le trafic, pas le meurtre. En 2004, la cour d'assises en appel des Pyrénées-Orientales les avait condamnés à la même peine de vingt ans pour non pas le meurtre mais une étonnante complicité d'assassinat. Assimani est en libération conditionnelle depuis 2009. Hier soir, El Jabri, était toujours incarcéré au Pontet (Vaucluse).

Source : La Dépêche


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