Le corps de Laetitia, enlevée à Pornic, a été partiellement retrouvé par les plongeurs, démembré...

Après quatorze jours de recherches, les enquêteurs ont trouvé, mardi 1er février 2011, le corps démembré de Laëtitia Perrais au fond d'un étang à Lavau-sur-Loire (Loire-Atlantique), dans un lieu fréquenté par le principal suspect, Tony Meilhon.

Tony Meilhon mis en examen pour enlèvement suivi de mort

L'autopsie a confirmé "en début de soirée, grâce à une comparaison dentaire, que le corps retrouvé était bien celui de Laëtitia à 99,9 %" et a précisé que la jeune fille de 18 ans était décédée "à la suite d'un étranglement", a indiqué le procureur de la République de Nantes, Xavier Ronsin. Cette dernière analyse infirme "la thèse de l'accident mortel de la circulation soutenue par Tony Meilhon", le principal suspect, mis en examen pour "enlèvement suivi de mort", ajoute le procureur.

Poursuite des recherches

Dans la matinée, les plongeurs "ont trouvé une tête, deux membres supérieurs et deux membres inférieurs" et "le visage de la jeune femme sortie de l'eau ressemble à celui de Laëtitia", avait indiqué le procureur sur place en fin d'après-midi. Le corps était lesté par un grillage. Des expertises génétiques "permettront de confirmer" qu'il s'agit bien de la jeune fille disparue dans la nuit du 18 au 19 janvier près de Pornic. Des expertises complémentaires seront entreprises "pour déterminer de quelle façon et avec quel outil le corps a été découpé", indique Xavier Ronsin.

Les recherches "continueront demain et les jours suivants afin de permettre de rendre à la famille de Laëtitia l'intégralité du corps de la jeune fille", dont le tronc qui manque encore, a indiqué le procureur.

Les familles effondrées

Les parents d'accueil de Laëtitia, ainsi que sa soeur jumelle, Jessica, vivent "la douleur la plus absolue", a indiqué leur avocat, Me Pascal Rouiller, tandis qu'une veillée de prières avait lieu mardi soir à l'église de la Bernerie-en-Retz, où a disparu Laetitia le 18 janvier. De leur côté, les parents biologiques sont "complètement effondrés", a indiqué leur avocat, Me Emmanuel Riglaire. "C'est incroyablement machiavélique. C'est un barbare sordide", a-t-il estimé.

Le magistrat a précisé que le lieu où Laëtitia a été retrouvée était "fréquenté par Tony Meilhon qui y allait souvent pour pêcher". Le principal suspect n'a pas coopéré avec les enquêteurs. Le corps a été découvert après l'exploration "d'une vingtaine de points d'eau du département", a expliqué le procureur.

Défaillances

Laëtitia, 18 ans, a disparu après avoir quitté son travail, un hôtel-restaurant de la Bernerie-en-Retz, à quelques kilomètres de son domicile. Tony Meilhon, 31 ans, a été vu en sa compagnie le soir de sa disparition. La jeune fille vivait depuis six ans avec sa soeur jumelle Jessica chez Gilles et Michèle Patron, une famille d'accueil de la commune de Pornic chez qui elles avaient été placées à l'âge de 12 ans et avaient choisi d'y demeurer après leurs 18 ans.

Dysfonctionnements de la justice ? Impossible !
Grèves et manifestations de la magistrature... C'est parti !

La disparition, qui a suscité une vive émotion dans la région, a relancé le débat sur le suivi judiciaire et la récidive. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont épinglé, lundi, les "défaillances" des acteurs de la chaîne pénale dans le suivi de Tony Meilhon et ont prévenu qu'il y aurait des "sanctions". Les professionnels et les syndicats dénoncent, pour leur part, le manque de moyens. Sorti de prison en février 2010, Tony Meilhon, qui a déjà fait l'objet de quinze condamnations, a été visé par sept plaintes déposées par sa famille et ses proches ces derniers mois. Il était sous le coup d'une mise à l'épreuve de deux ans, suivie au service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) de Loire-Atlantique.

Nicolas Sarkozy a promis jeudi 3 février 2011 à Orléans que les "dysfonctionnements graves" des services de police et de la justice ayant permis la remise en liberté du principal suspect du meurtre de la jeune Laetitia à Pornic seraient sanctionnés.

Source : Le Point.fr

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«Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés (…) Nos compatriotes ne comprendraient pas qu’il n’y ait pas de sanctions, a-t-il asséné, martial. Je ne crois pas à la fatalité, c’est trop facile».

Directement visés par les propos présidentiels, les magistrats du tribunal de Nantes n’ont pas tardé à réagir et suspendu aussitôt leurs audiences pour une semaine. De leur côté, les syndicats de magistrats USM (majoritaire) et SM (gauche) se sont dit  «révoltés» par cette mise en cause et annoncent qu'ils étudient les modalités d'une action nationale commune pour la fin de la semaine prochaine.

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NDLR FNCV : La position claire et nette du président Sarkozy ne peut qu'être approuvée, mais la réaction des syndicats de magistrats, et leur solidarité dans la défense de l'indéfendable est consternante.

Craignent ils à ce point les résultats de l'enquête ? Ne commettent ils jamais d'erreurs ? Sont ils, eux, au dessus des lois qu'ils appliquent à longueur d'année avec plus ou moins de discernement, sans plus guère se poser la question de savoir où est le bien et où est le mal ? Ceux qui ont pris la décision de remettre en liberté cet abominable monstre n'ont ils pas été pour le moins inconséquents ?

Nous laisserons la réponse à nos fidèles lecteurs...

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