Irak : Bagdad, église catholique attaquée par Al Qaïda, 53 morts et 60 blessés !

La messe qui s'est terminée en carnage dimanche 31 octobre 2010 au soir au coeur de Bagdad, après l'attaque d'une église catholique, a fait quarante-six morts parmi les fidèles, sept parmi les policiers et cinq parmi les insurgés. L'attentat a été revendiqué par al-Qaïda.

L'Irak ne compte plus aujourd'hui que 20 000 syriaques catholiques contre 60 000 avant 2003.  

« Il y a eu 46 tués parmi les fidèles, notamment des femmes et des enfants, et 60 blessés, dont une vingtaine dans un état grave », a indiqué une source du ministère de l'Intérieur irakien. Sept membres des forces de sécurité irakiennes ont aussi trouvé la mort lorsque les commandos ont donné l'assaut pour libérer les chrétiens pris en otage dans la cathédrale syriaque catholique. Quinze autres policiers ont été blessés. Parmi les assaillants, trois ont été tués et deux autres se sont suicidés en faisant détoner leur ceinture d'explosif. Huit suspects au total ont été appréhendés.

Inciter les Irakiens catholiques à quitter le pays 

Cet assaut, donné la veille de la Toussaint, l'un des plus meurtriers commis contre les chrétiens en Irak, a été revendiqué par un groupe de la mouvance d'al-Qaïda, qui a également menacé les chrétiens d'Égypte, donnant 48 heures à l'Église copte d'Égypte pour libérer les musulmanes «emprisonnées dans des monastères» de ce pays.

Lors de l'angélus place Saint-Pierre, le pape Benoît XVI a dit prier «pour les victimes de cette violence absurde, d'autant plus féroce qu'elle a frappé des personnes sans défense, réunies dans la maison de Dieu».
La France est «prête à accueillir 150 personnes, en priorité des personnes blessées dans l'attentat et leurs familles», a annoncé Éric Besson.

Le Premier ministre sortant irakien Nouri al-Maliki a dénoncé un «crime lâche» et affirmé qu'«al-Qaïda et les résidus de l'ancien régime cherchent à inciter les Irakiens à quitter leur pays». Le Hezbollah libanais a estimé pour sa part que «jamais la région (...) n'avait été témoin d'un tel crime odieux, jusqu'à l'occupation américaine de l'Irak». La cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours ressemblait à un champ de bataille. « Nous n'avons plus notre place ici. Ils veulent nous faire partir, et que fait le gouvernement ? Absolument rien», s'est indigné Mgr Pios Kasha, le vicaire épiscopal syriaque catholique de Bagdad.
« Il n'y a pas eu de soldats américains impliqués dans l'assaut pour libérer les otages. Les premiers soldats sont arrivés après que les forces spéciales irakiennes eurent mené l'opération à l'intérieur de l'église », a affirmé le colonel Barry Johnson, porte-parole de l'armée américaine, affirmant que ses soldats n'ont agi qu'à titre de conseillers.

L'armée américaine dément avoir participé à l'assaut

Plusieurs rescapés avaient affirmé peu après l'attaque avoir été sauvés par des soldats américains, dont un jeune homme de 18 ans présent dans l'église au moment de l'assaut.
«Je pense qu'il y a eu une confusion entre les forces de sécurité et les forces spéciales irakiennes», a noté le colonel Johnson, faisant allusion aux uniformes similaires dont sont revêtues les forces spéciales irakiennes et les unités d'élite américaines.

« Les forces anti-terroristes sont les seules à s'être lancées à l'assaut de l'église, il n'y avait absolument aucun Américain », a confirmé Samir al-Shouaili, porte-parole des forces anti-terroristes irakiennes.
Malgré la fin de leur mission de combat fin août 2010, les troupes américaines peuvent toujours utiliser la force, si elles sont attaquées ou si l'Irak sollicite leur aide.

Source : DNA

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