Après la mort de Manuel Marulanda, son fondateur, et celle de son adjoint, Raul Reyes son adjoint, tué en 2008, la guérilla marxiste des FARC - Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes -  vient de perdre son chef militaire historique, Jorge Briceno dit « Mono Jojoy », au cours d’un bombardement de l’armée colombienne réalisé dans la nuit du 22 au 23 septembre 2010.

« Mono Jojoy est tombé dans une opération des forces armées. Il symbolisait la terreur et la violence et c’est pourquoi je crois qu’il s’agit du coup le plus sévère jamais infligé aux FARC » a ainsi déclaré, à New York, Juan Manuel Santos, le nouveau président colombien.

Le chef militaire des FARC a été tué au cours d’une opération appelée « Sodoma » (en référence à la « cité du mal » de la Bible) contre son bunker situé dans le département central de La Meta. Pour ce raid, l’armée colombienne avait mobilié une trentaine d’avions, 16 hélicoptères ainsi que des troupes terrestres fortes de 250 hommes.

Une cinquantaire de bombes « intelligentes » ont été larguées en trois vagues sur le repaire fortité où s’était réfugié Mono Jojoy. Ce n’est qu’ensuite que les fantassins, amenés par les hélicoptères, ont investi les lieux et réduit toute forme de résistance. Outre le chef militaire des FARC, une vingtaine de guérilleros ont perdu la vie au cours de cet assaut, lequel a également permis à l’armée colombienne de mettre la main sur une vingtaine d’ordinateurs, contenant des renseignements pouvant être utiles pour ses opérations futures.

Toujours affublé d’un béret noir, Mono Jojoy, de son vrai nom Victor Julio Suarez Rojas, avait rejoint les FARC en 1975, à l’âge de 22 ans. Décrit comme étant quelqu’un d’impitoyable, il était suspecté d’être le responsable d’une centaine d’attentats et d’enlèvements, dont celui d’Ingrid Betancourt en 2002. Il était, en outre, le premier dirigeant des FARC à être réclamé par les Etats-Unis en raison de son implication dans le trafic de cocaïne.

Suite à l’annonce de la mort de Mono Jojoy, le ministre colombien de la Défense, Rodrigo Rivera, a appelé le chef des FARC, Alfonso Cano, à se rendre, tout en lui garantissant d’être traité « dans le respect des lois ». Pour le moment, le Bloc Sud de la guérilla, qui une des factions les plus puissantes, a opposé une fin de non-recevoir.

L’opération Sodoma fait suite à celle menée le 19 septembre dernier, baptisée Fortaleza II, au cours de laquelle 22 membres des FARC ont été tués, dont Domingo Biojo, le responsable du mouvement à l’international.

Quoi qu’il en soit, il est probable que le coup sévère porté aux FARC avec l’élimination de Mono Jojoy provoquera un certain nombre de désertions parmi les combattants de l’organisation, comme cela avait été le cas avec la mort de Raul Reyes il y a plus de deux ans. Actuellement, la guérilla des FARC compterait près de 8.000 combattants, selon les estimations du ministère colombien de la Défense.   

Source : Zone Militaire

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