Aussi étonnant que cela puisse paraître, la mort de Michel Germaneau, en juillet, n'accélère pas les choses. Le message est pourtant clair : AQMI est un adversaire sérieux et déterminé, qui intervient dans le nord du Niger. Là où la France a des intérêts stratégiques évidents, avec les mines d'uranium et ses expatriés. A tout prendre, le secteur est beaucoup plus stratégique pour la France que l'Afghanistan.

Pour les terroristes d'AQMI, les mines d'uranium sont comme "un pot de miel" qui, tôt ou tard, devaient les attirer. D'autant que la ville d'Arlit, très vaste, est ouverte sur le désert, même si les maisons des expatriés sont gardés par des veilleurs de nuit... sans armes !  Ni l'armée, ni la police du Niger ne sont à même de traquer les bandes d'AQMI qui opèrent à la manière de forces spéciales : un raid monté à partir de bons renseignements.

C'est exactement ce qui est arrivé la semaine dernière. Bénéficiant de complicités en ville et au sein même du personnel des entreprises, les gens d'AQMI souhaitaient enlever une équipe franco-japonaise de passage sur le site. Las, des difficultés de dernière minute, liées en partie à la mauvaise météo, ont bouleversé le calendrier et AQMI a dû se contenter de plus petits personnels, enlevés sans difficulté apparente.

Les experts de la sécurité pensent que seules des forces spéciales - dont le Niger ne dispose pas pour l'instant - pourraient s'opposer efficacement aux bandes d'AQMI. Certains plaidaient ainsi pour que la France dépêche un petit détachement du COS dans la région d'Arlit : une cinquantaine d'hommes, deux hélicoptères, des véhicules, des moyens de vision nocturne. Pas seulement pour intervenir contre AQMI, mais également pour former l'armée nigérienne, comme cela se passe en Mauritanie. Certes, des équipes du 11ème Choc (service action de la DGSE) ont fait - et font - des reconnaissances dans la région, mais leurs moyens sont, somme toute, limités.

Le Niger un pays "difficile"...

Pourquoi cela ne s'est-il pas fait ? Essentiellement parce que le Niger est un pays "difficile" au plan politique. Les militaires y ont fait un coup d'Etat en février dernier et pris le pouvoir en renversant le président Tandja, à la suite d'un référendum contesté. Le "politiquement correct" diplomatique n'aime pas cotoyer les militaires putschistes ! Plusieurs mois ont été ainsi perdus, puis l'été est arrivé... Et désormais, cinq de nos compatriotes (ainsi qu'un Togolais et un Malgache) sont entre les mains d'AQMI. A la guerre, car c'est d'une guerre dont il s'agit, le temps perdu est difficile à rattraper. 

Source : jean Dominique Merchet - Liberation.fr

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Le ministère de la Défense est très discret au sujet du dipositif militaire français mis en place pour localiser les sept employés – dont 5 ressortissants français – d’Areva et de Satom, la filiale du groupe Vinci, pris en otage à Arlit (nord du Niger), dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 par des hommes armées agissant vraisemblablement pour la branche maghrébine d’al-Qaïda.

L’on peut supposer que des hommes du Commandement des opérations spéciales (COS) sont – ou vont être – dans la région. « Il n’y a pas de troupes françaises sur le terrain » a cependant indiqué, le 18 septembre, le ministère français des Affaires étrangères. Cela étant, et même si c’était le cas, ce n’est pas le genre de chose à crier sur les toits.

La France met des moyens militaires en oeuvre

En revanche, il est certain que deux avions de patrouille maritime Atlantique 2 de la flottille 23F ont quitté leur base de Lann Bihoué pour rejoindre Niamey, au Niger. Ces appareils viennent épauler un troisième du même type, venu quant à lui du Tchad ou du Sénégal. Pour mettre en oeuvre ces appareils, la Marine nationale a envoyé 80 militaires dans la capitale nigérienne.

L’Atlantique 2 est un habitué des vastes étendues désertiques. Conçu à l’origine pour la patrouille maritime et la lutte anti-sous-marine, cet avion, dont l’autonomie est de 18 heures, est utilisé régulièrement pour des missions de renseignement, qu’il accomplit notamment grâce à ses capteurs et son système FLIR (forward looking infra red) TANGO. Cette fois, l’objectif sera de détecter les émissions radio et les signaux électromagnétiques afin de localiser les ravisseurs des employés de Satom et d’Areva.  

Source : Zone Militaire

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