Armement : Le Mamba, nouveau missile de défense sol-air de l'armée de l'Air
Par PC le dimanche 19 septembre 2010, 23:52 - Actualité - Lien permanent
Dans l'armée de l'air, le missile Aster 30 "Mamba" va pouvoir mordre...
Les premiers engins sont arrivés hier à Luxeuil les Bains, en Haute-Saône, où ils seront officiellement en dotation à partir de lundi 20 septembre 2010. L'armée de l'air est désormais équipée d'un nouveau missile de défense sol-air, le Mamba. Il s'agit du nom donné à l'Aster 30, un système développé par MBDA et Thalès.
L'escadron de défense sol-air (EDSA) 4/950 "Servance", de la base aérienne 116 de Luxeuil, est le premier à le percevoir. Au total, les cinq EDSA qui seront maintenus en seront dotés : Luxeuil, Avord, Istres, Saint-Dizier et Mont-de-Marsan, les trois premiers ayant une dotation mixte (Mamba/Crotale). A l'origine, l'ster 30 devait équiper aussi bien l'armée de terre que celle de l'air, mais le choix a été fait de regrouper l'ensemble des dix systèmes (un système = une section) au sein de l'Air. Les ESDA assurent la défense terminale anti-aérienne et anti-missile des bases aériennes stratégiques et peuvent être engagés (deux escadrons) pour la défense d'un dispositif terrestre en opérations extérieures (OPEX).
Le missile Aster 30 a une portée de 100 kilomètres et une altitude maximale de 20. A deux étages, c'est un engin très manoeuvrant grâce à son système pif-paf (pilotage inertiel en force, pilotage aéronautique en force) qui lui permet d'encaisser respectivement 12 G et 30 G. Sa vitesse est foudroyante : il est à Mach 4,5 trois secondes et demie après le tir... Le vol de l'engin dure donc quelques dizaines de secondes, avant d'atteindre sa cible à proximité de laquelle il explose. Le missile Aster 30 pèse 490 kilos et mesure 4,9 mètres de haut pour 18 centimètres de diamètre.
Le pion de base du Mamba est la section, chaque escadron (120 personnels environ) en comprenant deux. Une section possède quatre lanceurs de missile montés sur camion. Chaque lanceur possède huit missiles, tirés verticalement. Avec les deux modules de rechargement, une section aligne donc 48 missiles. L'ensemble est commandé par un module d'engagement qui peut gérer jusqu'à six lanceurs. Un module radar ainsi que des camions techniques et des groupes électrogènes complètent le système.
La conduite de tir est instrumentalisée pour une portée de 60 kilomètres, ce qui correspond à la portée du radar, même si celui-ci peut voir jusqu'à 120 kilomètres lorsque ses faisceaux sont concentrés dans la direction d'une cible signalée par un autre radar ou un Awacs (une "piste externe"). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le système bénéficie de la Liaison 16, qui lui permet de travailler de manière coopérative. Des essais d'interception à 80 kilomètres ont eu lieu. Toutefois, l'arrivée d'un nouveau radar tel que le GS 1000 de Thalès permettrait d'améliorer la détection notamment pour les cibles balistiques.
Lors de son déploiement, préalablement étudié par un module de reconnaissance, les lanceurs MLT (Module de lancement terrestre ) sont situés jusqu'à dix kilomètres du module d'engagement. Il s'agit d'assurer la défense terminale d'un point stratégique et non la défense de zone.
Source : Jean Dominique Merchet - Libération.fr
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Commentaires
La défense des bases aériennes aprés la dernière guerre mondiale dépendait d'unités terrestres. D'abord équipées d'half track M16 équipés d'une tourelle de quatre mitrailleuses de 12.7 (portée 1.200mètres), ainsi que d'affuts double ou quadruple de 20mm, de 30mm et de 40mm. Ce matériel va être Remplacés dans les années 60 par des missiles Hawk mis au point par Raythéon et intégrés dans le système de combat OTAN. La France et plus particulièrement Thomson CSF va développer sur ce modèle un système automoteur de défense anti aérienne à moyenne portée appelé Crotale. Une nouveauté : le missile est contenu dans son lanceur appelé "cannister". Une version sera navalisée. Les Hawk ont été rétrofité dans les années 80 puis ont été retirés du service. Ils sont encore utilisés par de nombreux pays. Les Crotale techniquement parlant étaient une bonne arme.
mais souffraient d'un grave problème : la lenteur de rechargement des affuts.
Espérons que ce nouveau missile n'a pas le même problème. L'adéquation est simple : prise en compte par le radar tracking d'un grand nombre de cibles, les trier et confier au radar de tir qui va sélectionner les missiles et les lancer. Ensuite il faut recharger rapidement pour prendre en compte une éventuelle deuxième vague et peut être une troisième.
Les premiers hostiles sont abattus à la limite de portée, les survivants et 2ème vague à la moitié de la portée, les derniers survivants, 2 et 3ème vague à trés courte portée. L'expérience à montré que c'est lors de la séquence "trés courte portée" que le radar de tracking "décroche" et se recycle continuellement sans décider quelle cible attaquer car il y en a trop, et qui arrivent trés vite (l'attaquant accèlère en phase finale pour ne rester sur l'objectif que le minimum de temps.).
Voilà qui met loin derrière les qualités, déjà éxcellentes, de notre vieux Shahine. C'est mes anciens élèves de l'armée saoudienne qui peuvent se sentir jaloux !
J'ai fait partie du programme shahine (faucon) à Fleury les Aubrais, qui est pour les non initiés un dérivé des "crotale" français; construit par THOMSON BRANDT pour remplacer les missiles anti aérien HAWK eux mêmes construits sous licence RAYTHEON.