A Decathlon, une partie des salariés du siège avaient appris dès lundi que la jeune femme n’était pas rentrée de son jogging et que les enquêteurs étaient sur la piste d’une disparition «très inquiétante». Ils ont appris sa mort en arrivant au travail, hier matin. «C’est très douloureux. Vous imaginez le choc pour ceux qui travaillaient avec elle. On pense à sa famille», soupire un porte-parole du groupe Oxylane, dont fait partie Decathlon. Il ajoute que, dans cette entreprise où les salariés sont plutôt sportifs et joggeurs, «on est sensibles aux conditions de sa disparition». Decathlon a proposé dès hier «à ceux qui le souhaitent, surtout ceux qui travaillaient de manière très proche» avec Natacha, un soutien psychologique «pour aider à faire le deuil».

Psychiatre. Le meurtrier présumé vivait seul. Il bénéficiait d’un suivi socio-judiciaire, voyait un psychiatre ou un infirmier au moins tous les mois, peut-être tous les quinze jours, et «remplissait ses obligations», selon le procureur de Lille. Il avait vu un psychiatre pour la dernière fois en juillet.

Selon le parquet de Nanterre, interrogé par 20 Minutes, il avait effectué la peine minimum exigée avant de pouvoir demander et bénéficier d’une libération conditionnelle. Selon l’article 729 du code pénal, «la libération conditionnelle peut être accordée lorsque la durée de la peine accomplie par le condamné est au moins égale à la durée de la peine lui restant à subir». Ce qui semble avoir été le cas du suspect, à quatre mois près.

Le taux de récidive des délinquants sexuels est plus faible en cas d’aménagement de peine. En 2008, il était en France de 4,5% au total. Cette récidive, estime le procureur de Lille, Frédéric Fèvre, «c’est la limite de l’action du juge en matière de délinquance sexuelle. Un individu en liberté fait des choix qui relèvent de sa seule conscience». Il insiste même sur le fait qu’il s’est passé moins de vingt-quatre heures entre l’agression mortelle et la découverte du suspect, et qu’«on a probablement évité d’autres agressions».

Me Emmanuel Riglaire, l’avocat de la famille, ne remet pas en cause la libération conditionnelle et le suivi : «C’est une logique qui est souvent utile. Mais dans un filet, il y a des mailles. Et de temps en temps, certains passent entre les mailles.»

Source : Haydée Sabéran - Libération.fr

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NDLR FNCV : Cette très triste affaire, qui fait suite à bien d'autres, hélas, illustre à nouveau les inconséquences inacceptables du système judiciaire français en matière de criminalité.

Il est urgent que le gouvernement renforce les peines de prison pour de tels criminels et surtout, veille à leur application. Les juges de l'application des peines qui font preuve à l'égard des criminels, il faut le dire, d'une coupable indulgence dont on voit jour après jour les résultats, doivent être responsabilisés et sanctionnés personnellement sur le plan pénal, pour mise en danger de la vie d'autrui.

L'Etat français, garant de la sécurité publique, doit pour sa part, répondre financièrement sur le plan civil, des préjudices irréparables causés par l'incurie du pouvoir judiciaire.

ET CE SERA JUSTICE !!!

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