Braqueur libéré contre l'avis du procureur de Grenoble
La décision rendue hier par les juges grenoblois étaient donc attendue. Le tribunal devait se prononcer sur le traitement accordé à Monsif Ghabour, l'un des complices présumés, avant son jugement. Le jeune homme de 25 ans a été mis en examen pour "vol à main armée" et "tentative d'homicides volontaires sur agent de la force publique". Les magistrats devaient se prononcer sur son placement en détention provisoire. Le procureur l'a exigé dans son réquisitoire rappelant le passé de délinquant de l'accusé et les lourdes charges pesant contre lui. Les juges en ont décidé autrement.

Sous contrôle judiciaire
Monsif  Ghabour a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Depuis cette annonce, les réactions outrées se multiplient. Le procureur a immédiatement fait appel de cette décision "absolument inacceptable compte tenu des charges très graves qui pèsent" sur le suspect.

Hortefeux : "très vive indignation"
Brice Hortefeux a exprimé sa "très vive indignation". Consterné, le ministre de l'Intérieur affirme que "cette affaire démontre une nouvelle fois que certes, la protection de nos concitoyens doit passer par l'action déterminée et très professionnelle de la police et de la gendarmerie, mais impose aussi des décisions de justice mettant effectivement les délinquants hors d'état de nuire".

Police : "C'est inadmissible, intolérable et scandaleux"
Même rancoeur du côté des syndicats de police. Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie Police, parle d'un "acte de forfaiture" et assure que ses collègues "sont écoeurés".  "C'est inadmissible, intolérable et scandaleux", pour Frédéric Lagache. Le secrétaire général adjoint d'Alliance accuse "certains magistrats" de se livrer "à une croisade anti-policière". Et conclut : "Nous ne pouvons pas continuer de travailler dans ces conditions, et à faire, seuls, respecter le droit républicain".

Les magistrats demande l'intervention de Michèle Alliot-Marie
Face à cette déferlante de critiques,  l'Union syndicale des magistrats (USM) demande l'intervention de la Garde des Sceaux. Selon eux, Michèle Alliot-Marie doit rappeler "les grands principes qui fondent l'état de droit en France" et notamment "la séparation des pouvoirs". "Ce n'est ni aux enquêteurs ni au préfet de dire qui est coupable et d'incarcérer. Le fonctionnement d'un régime démocratique comme la France c'est que la police fait des enquêtes, soumet le résultat des enquêtes à la justice et que des magistrats indépendants, coupés de la pression politique, prennent des décisions".

Source : Le Telegramme.com

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