Cette décision serait prise à la suite de la mesure d'expulsion de nomades originaires de Roumanie, adoptée par le gouvernement français et fortement critiquée par l'opposition hostile à la politique du président de la République Nicolas Sarkozy. Le pape Benoît XVI, qui s'est dit attristé d'une telle mesure, serait sur le point d'ouvrir aux réfugiés les portes du domaine de Castel Gandolfo, la résidence d'été des papes.

Ce geste spectaculaire, inspiré par la générosité naturelle de Benoît XVI, ne fait pourtant pas l'unanimité au sein de la Curie romaine. Ainsi, Monseigneur Antonio Maria Veglio, en charge du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, favorable à l'accueil des réfugiés roms, se trouve en opposition sur ce point avec Monseigneur Fernando Filoni, substitut du cardinal Tarcisio Bertone pour les Affaires Générales, qui a une vision plus réaliste des problèmes pratiques, et disons-le, politiques, qu'une telle décision ne manquera pas d'entraîner.

Latrines du Latium

La position plus que réservée adoptée à cet égard par le Secrétaire d'Etat, véritable premier ministre du Vatican, tient compte des questions d'hygiène qui existent déja sur le territoire de la Commune de Castel Gandolfo. Cette jolie petite ville du Latium, située sur la rive du lac d'Albano, connaît en effet déja de graves difficultés avec sa station d'épuration de Santa Maria delle Mole, qui est quelque peu sous-dimensionnée pour les besoins de ses 9.000 habitants.

Le maire, Maurizio Colacchi, et son adjoint Paolo Gasperini, qui sont en poste depuis mai 2007, sont conscients qu'un afflux important de populations nomades entraînera inévitablement une augmentation significative du volume d'effluents à traiter, et par conséquent, une pollution impossible à gérer dans le respect des normes sanitaires auxquelle l'équipe municipale en place est d'autant plus attachée, que son programme comportait précisément une amélioration et non une dégradation des installations et conditions d'assainissement de la ville.

Il faut rappeler que, en vertu des accords de Latran de 1929 créant l'Etat du Vatican, le domaine pontifical de Castel Gandolfo, dont la superficie est de 55.000 hectares, bénéficie du statut d'extraterritorialité, ce qui peut permettre au Saint Père de s'affranchir de l'autorité de la Commune et même de celle de l'Etat italien. Allons nous assister à une nouvelle version de la Comedia dell'Arte, façon Giovannino Guareschi, avec Don Camillo et Peppone ressuscités ?

C'est prometteur. Affaire à suivre, donc... 

* Gens du voyage ... en "langue de bois" dans le texte ;-)

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