Actuellement, la procédure de déchéance de nationalité française est strictement encadrée. Elle concerne des personnes coupables de terrorisme ou d'espionnage. A l'issue de l'affaire Lies Hebbadj, il avait déjà été question d'élargir le retrait de citoyenneté aux auteurs de polygamie et de fraudes aux prestations sociales. Conscient de ces limites, le chef de l'Etat annonce que «les motifs pouvant donner lieu à la déchéance» seront réévalués. Toujours sur le front de la nationalité française, le président veut que l'acquisition de citoyenneté pour un mineur délinquant ne soit plus automatique au moment de sa majorité.

Nicolas Sarkozy a également promis vendredi l'extension, en septembre 2010, des «peines plancher» (ces peines minimales d'une durée incompressible) «à toutes les formes de violences aggravées», notamment celles qui ciblent les personnes dépositaires de l'autorité publique. Actuellement les 24.000 peines-plancher existantes s'appliquent aux récidivistes. Le président soutient aussi, «l'instauration d'un peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes». Cette mesure sera discutée à la rentrée.

Dans un discours très sécuritaire et musclé, Nicolas Sarkozy est aussi revenu sur les sans-papiers. «Je souhaite que l'on évalue les droits et les prestations auxquelles ont aujourd'hui accès les étrangers en situation irrégulière». «Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droits qu'une situation régulière et légale!», a-t-il pointé. Nicolas Sarkozy a rappelé la nécessité de reconduire aux frontières les clandestins, puis enchaîné sur la situation des Roms, déjà au centre d'une réunion mercredi à l'Elysée. «Nous devons mettre un terme aux implantations sauvages de campements roms. Ils constituent des zones de non-droit qu'on ne peut tolérer en France», a-t-il redit.

Sur la situation propre à Grenoble, le chef de l'Etat a promis 38 policiers supplémentaires d'ici le 1er septembre, et du «matériel approprié pour faire face à ce grand banditisme qui sévit sur l'agglomération». Dans les jours qui viennent des membres de brigades spécialisées - GIPN, Raid, BRI - devraient arriver pour «appréhender les commanditaires» des menaces contre les policiers de la BAC.

Si le maire de Grenoble a pris acte des moyens supplémentaires annoncés, le socialiste Michel Destot regrette «l'amalgame fait entre délinquance et immigration, en parlant de «déchéance de nationalité»». «Je m'oppose à cette idée selon laquelle il y aurait plusieurs catégories de citoyens français», a-t-il souligné. «Le président de la République parle de politique de la ville, de sécurité, d'immigration et là, il y a un problème de stigmatisation d'une partie de la population», dénonce Michel Destot. «Remettre en cause cinquante ans de politique d'immigration comporte un grand risque. Je me méfie de ces déclarations qui ont pour effet de frapper l'opinion publique».

Source : Constance Jamet - LeFigaro.fr

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