Des photos semblaient indiquer que l'otage français Michel Germaneau pouvait être détenu sur ce site, mais les services français n'ont en jamais eu la preuve. Paris a alors décidé de se joindre à l'opération mauritanienne, au cas où... Les Français ne souhaitaient participer qu'à cette partie de la plus vaste opération d'attaque préventive menée par l'armée mauritanienne, qui visait au moins un autre site. Il s'agissait, pour la France, de pouvoir récupérer Germaneau dans les meilleures conditions possibles. Parallèlement, les Groupes spéciaux d'intervention (GSI) de l'armée mauritanienne voulaient empêcher le regroupement des 150 hommes environ de la katiba d'AQMI en détruisant leurs bases de ravitaillement.

Les militaires français connaissent bien les GSI, puisque ceux-ci sont formés par un détachement d'assistance opérationnelle fourni par le COS. Une opération qui dure depuis plusieurs mois dans la plus grande discretion. Plus de 400 membres des forces spéciales de l'armée mauritanienne ont déjà été formés, ainsi que plus de 200 Maliens et bientôt des Nigériens.

Pour participer à l'opération, des "militaires" français sont arrivés de métropole. Selon toute vraisemblance, il s'agissait d'hommes du Service action de la DGSE, qui connaissent bien le Sahel. La France fournissait un soutien en matière de renseignement, de transmissions et de santé. Un hélicoptère avait été prépositionné en Mauritanie, afin d'évacuer Germaneau si nécessaire.

Le point de départ a été une base située non loin de la frontière, où les forces spéciales françaises et mauritaniennes s'entraînent. Le raid a pris la forme d'une colonne de véhicules tout-terrain. Entre 20 et 30 militaires français accompagnaient quelques dizaines de Mauritaniens.La colonne a roulé de nuit et les derniers kilomètres, environ dix, ont été parcourus à pied pour ne pas donner l'alerte. L'attaque contre le camp a eu lieu à l'aube. Il n'y a pas eu d'appui aérien.

Six membres d'AQMI ont été tués et quatre ont pu prendre la fuite. Le chef de la katiba ne fait pas partie des morts. Aucune victime n'est à signaler côté français. Lorsque les commandos français ont fouillé le camp, ils n'ont pas trouvé trace d'un quelconque otage. En revanche, ils ont mis la main sur des armes (AK 47), des explosifs, des téléphones portables, divers documents, des pièces de rechange pour les véhicules, etc.

Faute d'otage, la colonne française est rentrée en Mauritanie et l'opération a été "pliée". En revanche, les Mauritaniens ont poursuivi la traque d'AQMI jusqu'au samedi 24 juillet avant de prendre le chemin du retour.

Source : Jean Dominique Merchet - Secret Défense

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