185 millions d'euros saisis en 2009

Des sommes colossales sont en jeu. Les seules saisies réalisées en 2009 ont atteint, entre les comptes bancaires, les biens mobiliers et immobiliers, la somme de 185 millions d'euros, soit le double de l'année précédente. Et les chiffres du premier semestre 2010 laissent présager d'autres records, notamment en matière de saisie de parts de sociétés. La loi Warsmann, simplifiant les procédures de confiscations des biens des voyous, est censée démultiplier la force de frappe de la police financière. Mais même sans ce texte, le rouleau compresseur avance.

Le Figaro a pu le constater en accédant aux dossiers de la Plate-forme d'identification des avoirs criminels (Piac) de la police judiciaire, à Nanterre. On trouve dans son fichier des saisies de quoi ouvrir un véritable salon de l'automobile de luxe : Aston Martin DB9, à 200.000 euros pièce, Ferrari Modena, Lamborghini Gallardo, et même la Bentley Continental d'un grossiste lillois versé dans le trafic de stups avec la Belgique.

Des rues entières aux mains des trafiquants

«Les biens immobiliers valent encore plus cher que les voitures qui brillent», rappelle le commandant Patricia Mathys, patronne de la Piac. «Le danger est que l'argent du crime vienne corrompre durablement l'économie de certains quartiers, où il est parfois investi en masse», renchérit son adjoint, le capitaine de gendarmerie Romain Stiffel, expert en décryptage des montages frauduleux. En Seine-Saint-Denis, à Bobigny notamment, des familles de trafiquants cherchent ainsi à acquérir des rues entières. Dans une inquiétante dérive mafieuse, ils agissent sous couvert de sociétés civiles immobilières (SCI).

D'autres préfèrent se mettre au vert, dans des départements ruraux, pour éviter d'attirer l'attention. À Charleville-Mézières par exemple, un soi-disant bûcheron, versé dans le trafic de cannabis, détenait dix appartements mis au nom de sa mère. Il s'achetait des hectares de forêt et offrait de somptueux cadeaux à ses amis, comme des quads, ces engins 4×4 bien pratiques pour se rendre à la chasse au sanglier. Les enquêteurs ont pu identifier 370.000 euros de revenus illicites dans ce dossier. Et les juges ont sévi, à proportion de ce montant, confisquant l'équivalent de 322.000 euros. Le «bûcheron» des Ardennes payait tout en liquide. Mais il conservait soigneusement les tickets de caisse, dont le total calculé par les enquêteurs dépassait déjà de trois fois son revenu déclaré…

Tout est là, dans la capacité des services à établir la non-justification de ressources. Or le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, réputé pour son expérience des dossiers financiers, le dit : «Cette arme juridique mérite d'être davantage utilisée. Dès qu'un voyou tombe dans les filets policiers, nous devons lui réclamer des comptes sur son salon en cuir, son home cinéma, ses costumes Hugo Boss ou les voyages en Thaïlande qui s'étalent dans ses albums photo.» Une révolution culturelle est en marche.

Source : Le Figaro.fr

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NDLR : Les grands médias parlent trop peu de ce type d'actions, et c'est bien dommage. Nous voulons y voir une lueur d'espoir sur le front de la véritable guerre intérieure qui a commencé. Attendons nous à de nouveaux épisodes très violents car les caïds de la drogue, et autres trafics en tous genres, qui sont devenus les patrons des banlieues dites "défavorisées" ou des banlieues dites "sensibles", ne se laisseront pas déloger de leurs positions, ni dépouiller de leurs richesses mal acquises et de leurs avantages, sans réagir.

Ils sont nombreux, organisés, armés, et sans scrupules. Ils ont l'appui sournois de certains journalistes dont l' objectif majeur est de discréditer le gouvernement actuel  La reconquête de l'intégrité du territoire de la République se fera, hélas, au prix du sang.

Messieurs Sarkozy et Hortefeux, ainsi que l'ensemble de notre appareil administratif, doivent savoir qu'ils ont tout notre soutien dans cette politique de fermeté, que la majorité des Français souhaitent voir rapidement s'amplifier, et se durcir...  PC FNCV

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