UN VERDICT "INSENSÉ" POUR LA DÉFENSE

Les 25 et 26 novembre 2007, deux nuits de violences avaient suivi la mort de deux jeunes gens percutés par une voiture de police dans une cité, alors qu'ils circulaient en mini-moto.

Des tirs par armes à feu et des jets de projectiles avaient fait plusieurs dizaines de blessés parmi les forces de l'ordre.

Une gigantesque opération de police avait été lancée au lendemain des faits, sans résultats concluants. Un appel à témoins promettant des récompenses financières avait ensuite été lancé.

L'accusation s'est notamment fondée sur des témoignages consignés en procédure de manière anonyme, une méthode permise par les lois Perben depuis le début des années 2000 et censée protéger les témoins.

Elle a été critiquée par les avocats, qui ont dit y voir un risque d'abus et de manipulation.

Michel Konitz, un des avocats de la défense, a jugé le verdict "insensé".

"C'est quand même insensé qu'on en arrive à accepter des preuves au rabais parce que la sécurité publique ne serait pas assurée à Villiers-le-Bel", a-t-il déclaré. "En fait, on renvoie à la cour d'assises un problème de société".

Morad Falek, avocat d'un des cinq jeunes condamnés, a estimé que le verdict ne donnerait pas lieu à des incidents.

"Les gens sont partis dignement", a-t-il dit.

"Peut-être que certains auraient souhaité qu'il y ait des incidents ce soir. Il n'y en a pas eu pendant 15 jours, il n'y en a pas eu ce soir, il n'y en aura pas à Villiers-le-Bel parce que ces gens ne sont pas ce que certains voudraient qu'ils soient, des gens qui n'appartiennent pas à notre corps social, des voyous", a-t-il ajouté au micro d'Europe 1.

Les policiers se sont, quant à eux, déclarés satisfaits.

"Le verdict est tout à fait équilibré par rapport aux faits reprochés", a dit Ludovic Collignon, responsable du syndicat policier Alliance du Val d'Oise.

Sources : Nicolas Bertin avec Pascal Liétout et Yves Clarisse - Le Point.fr et Reuters

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