Des images de la chaîne Public Sénat avaient montré le ministre et le patron des députés UMP Jean-François Copé poser pour une photo en compagnie d'un militant d'origine maghrébine, Amine Brouch-Benalia. Alors que Jean-François Copé taquine M. Hortefeux sur ses origines auvergnates, on entend discuter des personnes non visibles sur les images qui disent notamment: "c'est l'intégration", "lui, il parle arabe" ou encore "il mange du cochon, il boit de la bière".

"Il ne correspond pas du tout au prototype alors", remarque Brice Hortefeux, des propos pour lesquels il a été relaxé. Une femme déclare ensuite: "c'est notre petit Arabe". "Il en faut toujours un", poursuit le ministre. Et d'ajouter: "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". M. Hortefeux s'était ensuite défendu en disant avoir parlé des Auvergnats.

Cette "affirmation, ainsi proférée, sous une forme lapidaire qui lui confère un caractère d'aphorisme, est incontestablement outrageante, sinon méprisante, pour les personnes concernées", note le tribunal qui relève qu'elles "sont présentées comme facteur de 'problèmes'".

Si le parquet avait reconnu le caractère raciste de l'un des propos, il s'était interrogé sur le caractère licite de la captation par une caméra des échanges entre responsables de l'UMP et des militants, estimant que M. Hortefeux n'avait pas souhaité que ses propos soient publics, ce qui ne pouvait caractériser le délit d'injure publique, mais simplement une contravention.

Le tribunal relève que l'attitude du ministre montre qu'il ne souhaitait "pas être entendu par d'autres que ce cercle de proches" puisque les propos font l'objet sur la vidéo d'une transcription, mais il estime cependant que cet échange "était exclusif de tout caractère confidentiel". Sa diffusion par une équipe journalistique "contribue à la légitime information du public" sur le dirigeant politique, a considéré le tribunal.

Les magistrats ont également condamné le ministre à publier le jugement dans un magazine.

Le coordinateur national du Parti communiste Pierre Laurent a salué dans un communiqué "un rappel salutaire au respect de loi", espérant "que cette décision de justice fera date". Pour Pouria Amirshahi, secrétaire national du Parti socialiste, M. Hortefeux doit démissionner. "Après une telle condamnation, il y a incompatibilité entre la fonction et le déshonneur", dit-il en estimant que Nicolas Sarkozy "ne peut cautionner les propos de son ministre en le gardant au gouvernement".

En revanche, M. Hortefeux a reçu le soutien de son Premier ministre. Dans un communiqué, François Fillon, lui renouvelant "son amitié et sa confiance", écrit que "tous ceux qui connaissent Brice Hortefeux savent qu'il a montré, par son action, qu'il était respectueux des personnes et des lois. Les Français lui savent gré du travail qu'il effectue chaque jour au service de leur sécurité".

Source : AP

* * *