Afghanistan : Tactique gagnante du 2e REP de la Task Force Altor
Par PC le mardi 27 avril 2010, 08:32 - Actualité - Lien permanent
Travaillez à l'américaine... ou à la Lyautey...
« Lorsque nous voulons atteindre un résultat avec l’activité la plus intense, nos instructions aboutissent toujours à cette formule : travaillez à l’américaine ». Ce que les légionnaires du 2e Régiment Etranger Parachutiste n’ont précisément pas fait en appliquant plutôt les principes légués par le maréchal Lyautey, le « pacificateur » du Maroc, qui peuvent succinctement se résumer en trois points : respect des coutumes locales, emploi mesuré de la force ( "rien de durable ne se fonde sur la force ", a-t-il écrit) et tenir le terrain conquis pour faire «tache d’huile».
Lors du déploiement du 2e REP en Surobi, au début de l'année 2010, la situation dans la vallée de Tagab est pour le moins compliquée : les insurgés y ont établi leur influence en profitant de la nature du terrain et de leur imbrication au sein de la population civile, laquelle vit dans des villages propices aux embuscades. Chaque déplacement se fait alors en force car accueilli par des tirs nourris.
Le reportage d’Adrien Jaulmes, publié par le Figaro de ce 26 avril, met en lumière la méthode employée par les soldats du 2e REP – et plus généralement l’ensemble de la Task Force Altor – pour pacifier cette vallée. Il fait d’ailleurs écho à la lettre d’un capitaine du régiment, diffusée sur Internet après la mort du légionnaire Robert Hutnik, le 8 avril dernier.
" Parler, construire, combattre"
Tout commence par un constat : les raids ponctuels dans le secteur ne mènent à rien et peuvent même être contre-productifs. Ainsi, il est apparu nécessaire de « tenir le terrain » afin d’éviter que ces opérations à court terme aient un impact négatif, non seulement sur les populations civiles, qui n’en voient que l’espect coercitif, mais aussi sur les insurgés, portés à croire qu’ils restent les vrais maîtres du terrain.
Pour y remédier, le lieutenant-colonel Meunier, le chef « opérations » du 2e REP, explique : « On a donc appliqué quelques principes simples », comme « éviter au maximum les pertes civiles, quitte à prendre nous-mêmes des risques, travailler en étroite collaboration avec l’armée afghane, tenir le terrain (ndlr : grâce notamment à l’édification de postes avancés, ou COP) et ne jamais rompre le contact sous le feu afin de ne pas laisser aux insurgés un sentiment de supériorité ». Et l’officier de conclure : « On a essayé d’avoir une approche globale et de tout faire en même temps : parler, construire, combattre ».
Cette approche, comme l’a souligné le lieutenant-colonel Meunier, suppose de prendre des risques, notamment pour faire un usage modéré de la force, afin d’éviter qu’il y ait des «dommages collatéraux». Cela passe par l’observation des insurgés talibans, de la découverte de leurs positions et de leurs points d’appuis, quitte à se faire tirer dessus sans répondre.
Une fois les points tenus par l’insurrection repérés, il revient ensuite aux groupes commandos du régiment déployés sur les hauteurs de faire feu avec une précision « chirurgicale », grâce aux fusils PGM et aux missiles Milan. « Quand on tire, ce n’est qu’à bon escient, sur des cibles identifiées. Et à ce moment-là, on tue » résume l’officier renseignement du régiment, dont les propos ont été rapportés par le Figaro.
Les résultats obtenus par la TF Altor ont suscité l’intérêt du général McChrystal, le chef de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), sous commandement de l’OTAN. La manière d’opérer du 2e REP répond en tout point à ce que l’officier préconise depuis son entrée en fonction.
Quant à savoir si le travail des légionnaires – et de leurs successeurs, à savoir les fantassins du 126e Régiment d’Infanterie de Brive – sera suivi d’effet une fois que le retrait des forces de l’Otan sera décidé, ce qui interviendra quand les forces afghanes seront jugées aptes à prendre le relais.
« L’avenir, tu n’as pas
à le prévoir mais à le permettre »
- Antoine de Saint-Exupéry -
C’est précisément ce que font les militaires du 2e REP.
Source : Zone Militaire
* * *
- Afghanistan : Supplique à un ami journaliste
- Afghanistan : Un légionnaire du 2e REP de Calvi tué en vallée de Kapisa par les talibans
- Afghanistan : Précédents articles sur infos.fncv.com...
- OPEX : Soldats français en Afghanistan
- La Guerre d'Afghanistan sur le site des Combattants Volontaires - FNCV.COM
- Antoine de Saint Exupéry : Dans ces flots le Petit Prince a disparu...

Commentaires
L'expérience de l'armée Française, dans le domaine des opérations menées en Afghanistan ,, est due au Maréchal Lyautey , lequel dès 1907 , opère dans le sud Algérien, puis sur les confins Marocains , ou il se signale par son humanité et son grand respect pour les traditions indigènes - Par sa droiture , sa grande experience des traditions nord-africaines ,sa brillante intelligence ,sa chaleur communicative , ont contribuées à pacifier le Maroc ;
Continuont ,à faire confiance ,à la doctrine du grand soldat !
En un seul mot la doctrine de l’armée Française et la meilleure de toutes….avec des gens sérieux qui travaillent pour servir le Pays, dommage que les dirigeants qui les commandent ne soient pas tous à la hauteur…..
ENFIN LE REP DONNE L'EXEMPLE ET LE TON.
Il était temps de redresser notre prestige, notre savoir faire , enfin des gens qui savent commander, travailler , et surtout lire et relire les retex et les interpréter.
Bravo amis légionnaires...
Le reportage sur vos exploits sur la "3" en Afghanistan bien... les américains peuvent venir chez nous et prendre de la graine, avec leur cia de merde, et le folklore lors de l'invasion de l'Irak..
Alors les furieux barbus c'est le moment de vous raser, avant d'aller voir alla...je ne sais quoi!!!
Sacré 2éme REP, voilà un beau régiment comme je l'ai connu en Algérie, avec des cadres expérimentés et des gars formidables de courage. Comme dans les Aurés avec ces vallées desséchées, ces djebels poussiéreux et à la végétation rabougrie, c'est le paysage qui semble celui de l'afghanistan. Ce qu'ils font là-bas, c'est exactement ce qu'il fallait faire depuis le début. Je suis heureux de voir que ce beau régiment donne toujours l'exemple. C'est avec des gens comme eux que nous sommes fiers d'avoir été soldat d'élite. Quel grand métier que celui de militaire quand on le prend à coeur, comme eux!