" Parler, construire, combattre"

Tout commence par un constat : les raids ponctuels dans le secteur ne mènent à rien et peuvent même être contre-productifs. Ainsi, il est apparu nécessaire de « tenir le terrain » afin d’éviter que ces opérations à court terme aient un impact négatif, non seulement sur les populations civiles, qui n’en voient que l’espect coercitif, mais aussi sur les insurgés, portés à croire qu’ils restent les vrais maîtres du terrain.

Pour y remédier, le lieutenant-colonel Meunier, le chef « opérations » du 2e REP, explique : « On a donc appliqué quelques principes simples », comme « éviter au maximum les pertes civiles, quitte à prendre nous-mêmes des risques, travailler en étroite collaboration avec l’armée afghane, tenir le terrain (ndlr : grâce notamment à l’édification de postes avancés, ou COP) et ne jamais rompre le contact sous le feu afin de ne pas laisser aux insurgés un sentiment de supériorité ». Et l’officier de conclure : « On a essayé d’avoir une approche globale et de tout faire en même temps : parler, construire, combattre ».

Cette approche, comme l’a souligné le lieutenant-colonel Meunier, suppose de prendre des risques, notamment pour faire un usage modéré de la force, afin d’éviter qu’il y ait des «dommages collatéraux». Cela passe par l’observation des insurgés talibans, de la découverte de leurs positions et de leurs points d’appuis, quitte à se faire tirer dessus sans répondre.

Une fois les points tenus par l’insurrection repérés, il revient ensuite aux groupes commandos du régiment déployés sur les hauteurs de faire feu avec une précision « chirurgicale », grâce aux fusils PGM et aux missiles Milan. « Quand on tire, ce n’est qu’à bon escient, sur des cibles identifiées. Et à ce moment-là, on tue » résume l’officier renseignement du régiment, dont les propos ont été rapportés par le Figaro.

Les résultats obtenus par la TF Altor ont suscité l’intérêt du général McChrystal, le chef de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), sous commandement de l’OTAN. La manière d’opérer du 2e REP répond en tout point à ce que l’officier préconise depuis son entrée en fonction.

Quant à savoir si le travail des légionnaires – et de leurs successeurs, à savoir les fantassins du 126e Régiment d’Infanterie de Brive – sera suivi d’effet une fois que le retrait des forces de l’Otan sera décidé, ce qui interviendra quand les forces afghanes seront jugées aptes à prendre le relais.

« L’avenir, tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre »
- Antoine de Saint-Exupéry -

C’est précisément ce que font les militaires du 2e REP.

Source : Zone Militaire

* * *